Hama, (SANA) Le ministère syrien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a honoré Mahmoud Ashour, ancien détenu, en lui décernant un doctorat honoris causa en médecine dentaire. Cette distinction lui a été remise en reconnaissance de son dévouement et de sa patience dans le traitement des détenus durant leur incarcération, et répond partiellement à un droit longtemps spolié, après 25 années passées en prison sous le régime précédent. La remise du prix a eu lieu en marge de la 7e Conférence internationale sur l’aviculture, organisée par l’Université de Hama.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marwan al-Halabi, a déclaré que cette distinction témoigne de la résilience humaine de M. Ashour face à l’épruve, soulignant que l’attribution de ce doctorat honoris causa reflète la conviction que la science est une mission humanitaire qui ne saurait être enfermée dans les prisons.
Le ministre Halabi a noté que M. Ashour incarne la capacité humaine à transformer la souffrance en lumière pour autrui et que cette reconnaissance envoyait un message disant apprendre que les rêves peuvent être retardés, mais ils ne meurent jamais, et la dignité humaine est inviolable.

Il convient de rappeler que l’ancien régime était arrêté Mahmoud Ashour le 1er octobre 1980 à Hama pour sa participation à une tentative de coup d’État qui a embrasé les rues syriennes. Les forces du dictateur Hafez al-Assad ont réagi avec une brutalité militaire et des arrestations massives. Ashour a alors été incarcéré à la prison de Tadmor, où il a subi les pires tortures et violences. Les conditions de détention inhumaines l’ont contraint, ainsi que ses codétenus, à fabriquer des outils rudimentaires pour se soigner et extraire des dents.
Après avoir passé 21 ans à la prison de Tadmor, Ashour a été transféré à la prison de Saydnaya. Il a finalement été libéré en 2004, après avoir passé près de 25 ans en prison.
R.B.