Damas, (SANA) Au milieu du tumulte de la vie quotidienne et des effets de la modernité, la figure du conteur (Hakawati) reste un symbole culturel qui maintient vivante dans la mémoire de la population à Damas, la capitale syrienne.
Dans quelques rares cafés anciens de la vieille ville de Damas, notamment au célèbre café Nofara, la voix du hakawati résonne encore. Ce conteur traditionnel captive son auditoire par un ton ferme et une gestuelle théâtrale, à travers des épopées populaires, des récits héroïques et des chroniques transmises de génération en génération.
Cette tradition, profondément enracinée dans la culture levantine depuis des siècles, a transformé les cafés en véritables forums sociaux où les habitants et les voyageurs se réunissaient le soir pour écouter des histoires comme celles d’Antar et Abla, d’Al-Zeer Salem ou les exploits de Saladin.
Le rôle du hakawati dépasse le simple divertissement ; il englobe la préservation des valeurs, le renforcement de l’identité culturelle et la transmission d’enseignements moraux. Ses récits, parfois accompagnés d’une épée symbolique ou d’un livre ancien, mêlent théâtre, poésie et mémoire historique.
Entre mémoire orale et défis de la modernité
Même si les progrès technologiques et l’évolution des coutumes sociales ont réduit la présence de ce métier au fil des ans, la tradition, elle, perdure.
Lors d’occasions spéciales, de festivals culturels et pendant la saison touristique, le hakawati retourne dans son pays d’origine, attirant les aînés nostalgiques du passé et les jeunes attachés à leurs racines.
Sous les arcades antiques de la vieille ville, la voix du conteur continue de s’élever chaque nuit, nous rappelant que les histoires partagées sont aussi une forme de survie culturelle et d’espoir.



L.Arfi