Damas, (SANA) Damas ravive cette année l’une de ses plus belles traditions de Ramadan : la « Takrīza », qui est une habitude affective et sociale précédant l’arrivée de ce mois.
Cette habitude porte dans ses rituels l’esprit de convivialité et de joie collective. La Takrīza a n’est pas un simple pique-nique familial, mais une tradition profondément ancrée qui reflète l’authenticité de la société damascène et son attachement à préserver et transmettre son patrimoine populaire de génération à l’autre.
À la moitié du mois de Chaabane de chaque année hégirienne, les familles damascènes commencent leurs préparatifs pour cette occasion, considérée comme un adieu symbolique à Chaabane et un accueil festif du Ramadan.

Les familles damascènes se dirigent vers les rives de Barada, dans les vergers de la Ghouta et les jardins de la ville autour de tables traditionnelles faits maison, dans une scène qui rappelle la vieille Damas et affirme la continuité de cette habitude en dépit du passage du temps.
La Takrīza…Un souvenir familial renouvelé
Une femme damascène de 60 ans évoque les souvenirs de la Takrīza en disant à la journaliste de SANA que la Takrīza rassemblait toute la famille, des grands-pères aux petits enfants, et Ramadan n’arrivait jamais sans elle.
« Nous préparions Le Yabrak, la kebbé et les grillades, puis nous partions le soir vers la Ghoûta ou vers l’un des vergers pour passer un moment rempli de joie et de sérénité », a-t-elle ajouté.
Ces souvenirs reflètent l’image de la Takrīza, car elle constitue un espace qui renforce les liens familiaux et donne à la famille l’occasion de se rencontrer loin des soucis de la vie quotidienne.
Entre authenticité et touche de modernité
Bien que la Takrīza ait conservé son essence, certains de ses aspects ont connu un développement qui se conforme au rythme des temps, la jeune femme Chaïma Jumaa souligne cet aspect en disant : « Nous sommes désireux de continuer cette coutume, mais parfois nous nous rencontrons dans des lieux publics ou des restaurants qui servent des plats populaires, et l’objectif reste le même : rencontrer famille et amis et accueillir le Ramadan dans une atmosphère spéciale ».
Cette convergence entre authenticité et modernité montre la capacité de la coutume à s’adapter aux changements, sans perdre son contenu social et symbolique.
Renforcer les relations sociales et transmettre les traditions
Pour sa part, une enseignante retraitée estime que la Takrīza revêt une dimension éducative en plus de son aspect social, affirmant qu’elle constitue une opportunité d’initier les enfants aux traditions authentiques du Ramadan et de renforcer les liens sociaux qui font partie de l’esprit de la vieille Damas.
Abou Zouheir, de son côté, se rappelle les jours où il passait la Takrīza avec ses amis dans les vergers de la Ghouta, partageant repas et conversations dans une ambiance simple et joyeuse.

Ainsi, la Takrīza de Ramadan demeure une tradition vivante qui relie passé et présent, et préserve l’âme authentique de Damas grâce au lien avec le patrimoine qu’elle incarne.
Ib.i./ L.S.