Damas, (SANA) L’encens constitue un élément profondément enraciné dans le patrimoine culturel des anciennes civilisations orientales, portant avec lui l’arôme de l’histoire et ses profondes connotations symboliques, car son rôle ne se limite pas à transmettre des parfums aromatiques, mais s’étend aussi à incarner les valeurs sociales et l’identité communautaire.
Au fil des siècles, l’encens a conservé sa place dans les rituels religieux et sociaux. Transporté par les caravanes commerciales depuis l’Inde jusqu’aux pays arabe, il s’est imposé comme composante essentielle des célébrations et des occasions spéciales. Il accompagne ainsi l’évolution des goûts et de l’art de la parfumerie, où se rencontrent authenticité et modernité.
L’encens : patrimoine culturel et symbolique
L’encens occupe une place essentielle dans les rituels religieux et sociaux des civilisations de l’Orient antique. Utilisé depuis des millénaires, il constitue un élément profondément ancré dans l’identité culturelle de nombreux peuples.
L’encens n’était pas un simple moyen d’embaumer les lieux, mais il revêtait une profonde symbolique : il incarnait la sérénité spirituelle et la pureté intérieure, et affirmait l’appartenance culturelle et l’identité communautaire. Il symbolisait également la générosité et l’hospitalité.
Selon des recherches en anthropologie culturelle et histoire religieuse citées par Times of Indiam, l’encens était également perçu comme un signe de générosité et d’hospitalité : offrir de l’encens à un invité fait témoin de l’estime que l’hôte lui porte. Selon des recherches en anthropologie culturelle et en histoire religieuse, l’usage de l’encens contribue ainsi à préserver les liens sociaux et à renforcer le respect mutuel entre les générations.
L’encens dans les pays arabes
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), L’ancien mouvement commercial, en particulier celui de l’Inde, a joué un rôle central dans la diffusion de l’encens dans les pays arabes, car les caravanes commerciales ont contribué au transport de matériaux aromatiques et à l’échange de connaissances et d’expériences entre cultures.
Au fil du temps, l’usage de l’encens a évolué et s’est diversifié, au gré des changements de goûts et de la demande en produits aromatiques. Youssef Al-Omari, propriétaire d’une fabrique d’encens, explique que l’industrie moderne s’est attachée à répondre aux besoins du marché en important des bâtonnets de bambou, en les enrobant de poudre de charbon et en les parfumant lors de leur fabrication artisanale en Syrie.
L’expérience des parfumeurs et la diversité des goûts
Grâce à la tradition historique d’Al-Buzuriyah à Damas, Muhammad Al-Idlebi, ouvrier dans une boutique d’encens, explique que ce secteur s’inspire des anciens parfums d’Alep. La fabrication de l’encens est un processus essentiel, au cœur des rituels et célébrations, et fait intervenir divers artisans qui répondent à différents besoins.
Al-Idlebi constate une forte demande de parfums pendant le Ramadan, notamment pour la lavande, appréciée pour sa sensation de calme et de fraîcheur.
L’encens dans la vie quotidienne
Anas Al‑Omar affirme que l’encens lui procure une énergie positive et une sensation de fraîcheur, précisant qu’il veille à en allumer au début de sa journée de travail afin d’améliorer son humeur et d’instaurer une atmosphère apaisante.
L’encens et ses bienfaits pour la santé
Dr Ghoufran Ibrahim explique que l’encens contient des substances aromatiques concentrées qui, en brûlant, libèrent de fines particules et des produits chimiques. Elle souligne que l’encens naturel est moins nocif que l’encens synthétique car il est exempt de substances chimiques dangereuses pour le système respiratoire.
Le parfum du passé
L’encens reste un témoin sur l’arôme du passé et du présent dans les détails de la vie quotidienne, alliant entre histoire et mémoire



R.kh/R.B.