Damas – SANA / Au cœur du souk Al- Qabqabiyé dans la vieille ville de Damas, l’artisan Adnan Mansour expose une collection de maquettes damascènes représentant les symboles et les monuments de tous les gouvernorats syriennes, arrangées avec un soin qui attire les regards des passants et des touristes.
Agé de cinquante ans, il a commencé à maîtriser l’art de fabriquer ces maquettes il y a plus de vingt ans, bien que ce métier soit relativement récent, ayant émergé au grand public il y a environ un quart de siècle.

Le travail de Mansour exige une grande précision dans la définition des dimensions des maquettes et leur conception sur ordinateur. Il explique : « Je conçois la maquette sur un programme spécialisé selon des mesures précises ne dépassant pas le centimètre, puis elle est envoyée à une imprimante laser pour découper le bois et obtenir les moindres détails afin de reproduire fidèlement la forme, la couleur et la texture de l’objet original. ».

Mansour a déclaré à la correspondante de SANA : « Je fabrique des miniatures qui sont des répliques exactes de la réalité, dans une simulation minutieuse : des chaises, des chambres à coucher, des fontaines, des sabres damascènes, des lanternes et bien d’autres objets miniaturisés pour en faire des souvenirs de la vieille ville de Damas.
Ce sont bien plus que de simples cadeaux symboliques, ce sont des témoins vivants d’une histoire ancienne et d’une civilisation riche qui s’étend sur des milliers d’années, reflétant le génie et la créativité de l’artisan damascène transmis de génération en génération. »
Créativité et patience
Les miniatures sont considérées comme un art plastique qui repose sur la créativité et la patience. Elles consistent à construire de très petites maquettes qui reproduisent

fidèlement une réalité tangible ou imaginent un monde fictif, représentant des personnes, des animaux ou des objets, et les reformulent dans une version bien plus réduite que leur taille réelle. Elles sont fabriquées à partir de matériaux simples comme le bois, l’ivoire, les métaux, les cordes et les tissus. Ce métier dépend fortement de la dextérité de l’artisan : plus le travail est précis, plus il exige patience et maîtrise.
Dimension culturelle et cinématographique
Cet artisanat possède une dimension culturelle et sociale importante. Les maquettes damascènes reflètent les caractéristiques de l’environnement levantin,

et les séries télévisées syriennes ont joué un rôle majeur dans leur popularisation et leur attrait auprès des touristes et des expatriés. Certaines miniatures portent les noms de personnages célèbres de la télévision et sont utilisées dans les effets spéciaux cinématographiques lorsque certaines scènes sont difficiles à réaliser à taille réelle, sans que le spectateur ne remarque la différence.
Contexte historique : l’art des miniatures
Bien que la fabrication artisanale de maquettes commémoratives en Syrie soit relativement récente, l’art des miniatures a des racines profondes dans la civilisation islamique. Des écoles artistiques spécialisées dans cet art ont vu le jour, produisant des œuvres qui servaient de documents historiques et artistiques représentant la vie sociale, les coutumes et les traditions avec une précision remarquable dans le dessin et les détails.
Les maquettes modernes, même si elles se développent avec leurs matériaux et outils (comme les imprimantes laser), restent le prolongement d’une longue tradition artistique et culturelle visant à préserver la mémoire visuelle et à exprimer la richesse de l’identité culturelle et patrimoniale de la région.





R.S. /R.B.