Damas, (SANA) Reporters sans frontières a publié aujourd’hui son classement annuel de la liberté de la presse pour l’année 2026, indiquant une amélioration remarquable pour la Syrie, qui a grimpé 36 places pour se hisser au 141e rang après avoir été classée 177e l’année dernière.
L’organisation a déclaré que la Syrie avait enregistré la plus forte progression de son histoire dans ce classement, la chute du régime dictatorial de Bachar al-Assad en décembre 2024 ayant mis fin à cinq décennies de répression brutale et violence exercée par le dictateur déchu et sa famille contre la presse.
L’organisation a indiqué que la Syrie a réalisé des progrès cette année dans les cinq indicateurs qui mesurent l’état de la liberté de la presse dans le monde (économique, juridique, sécuritaire, politique et social), en particulier dans le cadre juridique, qui se détériore considérablement dans la plupart des pays de la région.
Reporters sans frontières a expliqué que le classement de la Syrie selon l’indice politique de 2026 est passé de la 170e place à la 103e, tandis que selon l’indice économique, elle a atteint la 107e place contre la 179e, et enregistré la 139e place dans l’indice juridique contre la 177e, et la 134e place dans l’indice social contre la 173e, tandis qu’elle a atteint la 154e place dans l’indice de sécurité contre la 178e au cours de la même période.
L’organisation a fait noter que la Syrie n’a enregistré aucun meurtre de journaliste ou de collaborateur des médias depuis le début de l’année.
Scène médiatique
L’organisation a indiqué que les médias qui opéraient auparavant en exil ou dans des zones libérées de l’ancien régime avant le 8 décembre 2024 ont repris leurs activités à Damas, et que la plupart des agences de presse internationales ont repris leurs activités dans la capitale syrienne quelques heures seulement après la chute du régime déchu.
Contexte politique
L’organisation a déclaré que pendant cinquante ans, la dictature d’Assad et le parti Baas avaient imposé une censure stricte à la presse syrienne et que, lors de la révolution de 2011, la répression violente du régime avait réduit au silence la presse dans les zones sous son contrôle, par le biais d’assassinats et d’arrestations.
Elle a montré qu’après la chute du régime, le nouveau gouvernement s’était engagé à œuvrer à la mise en place d’un cadre durable pour une presse indépendante.
Cadre juridique
L’organisation a ajouté : « La chute du régime a entraîné l’arrêt des travaux sur le cadre législatif sur lequel le gouvernement Assad s’appuyait pour légitimer sa politique répressive. Outre les lois autoritaires, le régime recourait fréquemment aux arrestations arbitraires, aux disparitions forcées, à la torture et aux exécutions extrajudiciaires ».
L’organisation a indiqué que le nouveau gouvernement syrien s’était engagé à œuvrer pour une « presse libre » et à garantir la « liberté d’expression », notant les appels constants des journalistes syriens et des médias nationaux, ainsi que des associations locales de défense de la liberté de la presse, en faveur de l’adoption d’une nouvelle constitution garantissant leur droit d’accès à l’information.
Contexte économique
L’organisation a souligné que sous le régime criminel de Bachar al-Assad, la plupart des médias syriens étaient financés par l’État ou par des personnes proches du pouvoir, et que certaines de ces plateformes médiatiques ont cessé leurs activités, de manière permanente ou temporaire, ce qui indique que la restructuration économique du système médiatique ne s’est pas encore concrétisée.
Contexte social et culturel
L’organisation a expliqué que le secteur de la presse en Syrie est toujours affecté par la polarisation sociale héritée les dernières années, notant qu’un certain nombre de journalistes opposés au régime d’Assad, qui travaillaient auparavant dans le nord du pays et s’appuyaient sur les plateformes de médias sociaux comme une véritable alternative aux médias traditionnels, exercent désormais leur métier depuis Damas.
L’organisation a ajouté que le repositionnement de ces journalistes durant la phase de transition constitue un défi professionnel, notamment en ce qui concerne le maintien de leur indépendance et de leur distance critique au sein du nouvel environnement médiatique.
Sécurité
L’organisation a fait savoir que la répression pratiquée par le régime déchu contre les journalistes, notamment les arrestations, les enlèvements, la torture et les assassinats, a forcé un grand nombre d’entre eux à chercher refuge en exil, fuyant les mauvais traitements ou la mort, tandis que la phase de transition en Syrie a ouvert la voie à une période de sécurité relative.
L’indice juridique enregistre son plus fort recul mondial en 25 ans.
Reporters sans frontières a déclaré : Pour la première fois dans l’histoire de son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde, plus de la moitié des pays du monde se trouvent dans la catégorie où la situation est qualifiée de « difficile » ou de « très grave ».
Elle a ajouté que depuis qu’elle a commencé à publier ce classement en 2001, le droit d’accès à l’information a été progressivement sapé, même dans certaines des démocraties les plus fortes, sous le poids d’un arsenal législatif en expansion et de plus en plus restrictif.
L’organisation a indiqué que la région des Amériques a connu des fluctuations importantes, les États-Unis (64e rang) perdant sept places, tandis que d’autres pays américains, comme l’Équateur et le Venezuela, ont chuté à des niveaux inférieurs.
L’organisation a déclaré que le déclin dans certains pays est dû à l’apparition fréquente de conflits armés, comme c’est le cas en Irak (162), au Soudan (161) et au Yémen (164).
Elle a déclaré : Les guerres en cours ont laissé leur marque cette année, en particulier en Palestine (156), à la suite de la guerre menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu (-4 dans le bilan d’Israël), qui a tué plus de 220 journalistes à Gaza depuis octobre 2023, dont au moins 70 dans le cadre de leur travail.
L’organisation a noté que la Norvège arrive en tête du classement mondial pour la dixième année consécutive, tandis que l’Érythrée reste en bas du classement depuis trois ans.
L.Arfi