Capitales ,(SANA) Après les positions divergentes concernant la guerre en Ukraine et la crise provoquée par les déclarations du président américain Donald Trump sur son intention de prendre le contrôle du Groenland, la guerre au Moyen‑Orient est venue accentuer encore davantage le fossé entre Washington et ses alliés européens.
Dans ce contexte, dans une interview accordée hier soir à la chaîne (Fox News), le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a indiqué que les États‑Unis procéderaient à une révision de leurs relations avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) après la guerre, soulignant l’existence d’un large mécontentement à Washington face au refus des alliés européens de faire partie des efforts visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, que l’Iran avait fermé début mars dernier, quelques jours après le début de la guerre américano‑israélo‑iranienne. »
Trump : Nous ne serons pas à leurs côtés
Les déclarations de Rubio interviennent après que le président américain, Donald Trump, a critiqué mardi les pays européens sur sa plateforme Truth Social pour avoir refusé les demandes des États‑Unis d’intervenir dans la guerre contre l’Iran et pour leur incapacité à obtenir du carburant pour avions en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz. Trump a déclaré : “Allez chercher votre pétrole vous‑mêmes.”
Il a ajouté que ces pays, dont le Royaume‑Uni, devraient d’abord se tourner vers l’achat de pétrole auprès des États‑Unis, qui disposent de réserves suffisantes.
Il a poursuivi : “Vous devrez alors apprendre à vous défendre vous‑mêmes, car les États‑Unis ne seront plus là pour vous aider, tout comme vous n’étiez pas là pour nous aider.”
L’Europe: fermeture de son espace aérien et de ses bases aux États‑Unis
Ces positions américaines interviennent alors que certains pays européens ont décidé de restreindre, voire d’interdire, l’utilisation de leur espace aérien et de leurs bases militaires par l’aviation américaine, refusant de participer à tout effort militaire dans la guerre en cours.
L’Espagne a adopté la position la plus ferme, où la ministre de la Défense, Margarita Robles, a annoncé la fermeture totale de l’espace aérien, déclarant : “Nous n’autorisons l’utilisation ni des bases ni de l’espace aérien pour aucune action liée à la guerre au Moyen‑Orient”, ce qui a poussé Trump à menacer Madrid de rompre les relations commerciales.
L’Italie a également refusé d’autoriser l’atterrissage de bombardiers américains sur la base de Sigonella, en Sicile, tandis que des rapports médiatiques et diplomatiques ont fait savoir que la France avait refusé le passage d’avions à destination d’Israël transportant des armes américaines utilisées dans la guerre.
Quant à la Pologne, elle a refusé une demande américaine visant à transférer des systèmes de défense aérienne Patriot vers le Moyen‑Orient.
« Même le Royaume‑Uni, l’allié le plus proche des États‑Unis, a connu une montée de tensions entre Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer, après que ce dernier a interdit l’utilisation d’une base située sur l’île de Diego Garcia pour mener des frappes contre l’Iran.
Un fossé qui s’approfondit
Toutes ces positions et déclarations ne font qu’élargir le différend entre Washington et l’Europe, que ce soit sur fond de la guerre en Ukraine et du refus de l’administration Trump de soutenir l’Europe face à la Russie, ou de la crise autour du Groenland et du rejet par les pays européens des menaces de Trump visant à en prendre le contrôle. »
W..H/L.Arfi