Al-Qods occupé, (SANA) Les violences perpétrées par les colons contre les Palestiniens en Cisjordanie s’intensifient, allant des raids aux attaques contre les biens par le biais d’incendies criminels et de confiscations, dans le cadre du plan de l’occupation israélien visant à annexer les terres palestiniennes, à déplacer leurs habitants d’origine et à imposer une nouvelle réalité de colonisation.
Les médias palestiniens rapportent quotidiennement que des bandes de colons, sous la protection des forces d’occupation, prennent d’assaut des villes et des villages palestiniens et incendient des maisons et des biens.
La dernière de ces attaques a eu lieu dans la région de Wadi al-Watawit, dans la localité de Surif, au nord d’Hébron, où des colons ont incendié des maisons et des biens pendant la nuit
Des maisons et des terres agricoles ont été détruites, laissant derrière elles d’importantes pertes matérielles et de profonds traumatismes psychologiques, tandis que les habitants vivent dans une angoisse constante jusqu’aux premières heures du matin.
Témoignages palestiniens
Mustafa Ghneimat, un habitant du quartier, raconte : « Un incendie s’est déclaré dans ma maison et ses alentours vers 3 h du matin, détruisant une partie de mes biens. »
Il ajoute : « Les forces d’occupation aggravent la crise en protégeant les colons et en effectuant des perquisitions au domicile des victimes, ce qui constitue une double intimidation.
La personne touchée se retrouve ainsi sous la pression simultanée d’agressions et d’interrogation ».
Jamal Ghneimat confirme que ces violations ne sont pas des incidents isolés, mais qu’elles se poursuivent depuis plus de huit ans dans le cadre d’une politique d’usure progressive visant à s’emparer des terres en instaurant un climat hostile fondé sur la peur persistante et l’absence de protection, conjuguées à la persécution de quiconque tentant de défendre ses biens.
Statistiques officielles
Le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, a révélé des statistiques officielles faisant état d’une escalade significative des attaques de colons.
Entre le 20 et le 24 mars, 24 villages palestiniens ont été pris pour cible lors de 11 attaques distinctes, faisant 23 blessés parmi les Palestiniens, endommageant 17 maisons et autres infrastructures, ainsi que 26 véhicules.
Il a fait noter que ces attaques étaient concentrées dans les gouvernorats de Naplouse, Ramallah, Hébron et Bethléem, et appelé la communauté internationale à prendre des mesures sérieuses et immédiates pour mettre fin à ces crimes et traduire les responsables en justice.
Des ONG : le contexte de guerre exacerbe ces attaques
Le Réseau des ONG palestiniennes a expliqué que la guerre israélo-américano-iranienne, qui entre dans sa quatrième semaine, a servi de couverture à l’intensification des attaques de colons, perpétrées sous la protection des forces d’occupation, dans le cadre d’une répartition claire des rôles.
Le réseau a recensé 34 Palestiniens tués par des colons depuis début 2026 lors de 18 595 attaques, un chiffre qu’il qualifie d’«inédit ».
Il considère ces événements comme marquant une nouvelle phase, plus vaste et plus dangereuse, du terrorisme des colons qui menace la présence palestinienne, notamment au vu des politiques d’annexion et de déplacement forcé en cours en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Déplacements forcés authentifiés par l’ONU
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les forces d’occupation israéliennes ont déplacé forcément au moins 694 Palestiniens de leurs foyers en Cisjordanie au cours du mois de janvier de cette année.
Allegra Pacheco, directrice de la Coalition pour la protection de la Cisjordanie (un regroupement d’ONG œuvrant auprès des communautés palestiniennes menacées de déplacement), explique que les attaques de colons ne sont pas des incidents isolés, mais bien une politique délibérée visant à vider les terres palestiniennes de leurs habitants d’origine pour l’expansion des colonies et à les priver de leurs ressources et de leurs terres.
Elle déclare : « Quand il s’agit de la Palestine, tous les regards sont tournés vers Gaza, alors que nous assistons à un nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie. »
Les condamnations internationales s’intensifient
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné les récentes attaques de colons en Cisjordanie, appelant à un arrêt immédiat de l’escalade et à des mesures concrètes pour protéger les civils et leurs biens.
Une large condamnation s’est également manifestée lors de la session du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Palestine, mardi dernier, où les États arabes et européens, ainsi que l’Organisation de la coopération islamique, ont rejeté les politiques d’annexion et de nettoyage ethnique, et les tentatives de modifier la composition démographique des territoires palestiniens occupés.
Une position palestinienne ferme
Le ministère palestinien des Affaires étrangères maintient sa position ferme, affirmant que les pratiques de l’occupation violent le droit international et compromettent les perspectives d’une paix juste et durable.
Il souligne la nécessité de mettre en œuvre les résolutions de l’ONU garantissant les droits du peuple palestinien, notamment son droit à l’autodétermination, de mettre fin à l’occupation et d’accéder à l’indépendance, de stopper la colonisation, de démanteler les colonies et de mettre un terme aux violences et au terrorisme perpétrés par les colons.
L.Arfi