Washington (SANA) Un jury fédéral de Los Angeles a reconnu coupable le général de brigade Samir Othman al-Cheikh, ancien directeur de la prison centrale d’Adra sous le régime déchu, de torture et de fraude, créant ainsi un précédent inédit : aucun responsable du régime criminel n’était alors jugé par la justice américaine.
Le ministère américain de la Justice a déclaré mardi, dans un communiqué publié par Reuters, que Cheikh avait été reconnu coupable de trois accusations directes de torture contre des détenus à la prison d’Adra, de complot en vue de commettre des actes de torture et d’accusations liées à la fraude envers les autorités d’immigration pour obtenir une carte verte.
Cheikh, qui a dirigé la prison d’Adra de 2005 à 2008, a été arrêté par les autorités américaines en juillet dernier alors qu’il tentait de quitter les États-Unis. Il encourt jusqu’à 20 ans de prison pour chaque accusation de torture et restera détenu par les autorités américaines jusqu’à ce que le verdict final soit rendu à une date ultérieure.
Parallèlement, le Groupe de travail syrien pour les situations d’urgence, basé à Washington, a qualifié le verdict rendu contre le cheikh, qui a été gouverneur de Deir Ezzor et chef de son comité de sécurité entre 2011 et 2013, d’« étape majeure et de précédent historique » sur la voie de la justice et de la responsabilisation pour les crimes commis en Syrie.
Il y a quelques jours, un précédent judiciaire a été établi en Grande-Bretagne : le tribunal de première instance de Westminster, à Londres, a entamé le procès de Salem al-Salem, ancien officier du renseignement de l’armée de l’air syrienne, accusé de meurtre et de crimes contre l’humanité commis durant la révolution syrienne.
Le parquet britannique a retenu sept chefs d’accusation contre al-Salem en vertu d’une loi permettant de poursuivre les auteurs de crimes internationaux graves commis à l’étranger.
L’acte d’accusation comprend deux chefs d’accusation de meurtre et de crimes contre l’humanité, trois chefs d’accusation de torture et deux chefs d’accusation de préméditation.
L.Arfi