Deir Ezzor, (SANA) Sur les rives de l’Euphrate moyen, le royaume de Mari apparut au troisième millénaire avant J.-C. dans les premiers temps du IIIe millénaire av. J.-C. pour devenir un centre commercial et culturel majeur, réunissant agriculture, arts et organisation sociale, et constituant l’un des phares de la civilisation syrienne ancienne.
Localisation
Le royaume de Mari, connu aujourd’hui sous le nom de Tell Hariri, se situe à 11 km au nord-ouest de la ville Al-Boukamal, sur la rive droite de l’Euphrate, à mi-chemin entre la Méditerranée et la Mésopotamie.
Découverte du royaume de Mari
Le royaume de Mari fut découvert par hasard en 1933 lorsqu’un berger syrien trouve une statue sculptée sans tête dans une zone rocheuse. Il a informé les autorités archéologiques de Deir Ezzor, qui envoyèrent une mission sur place. Les fouilles révélèrent d’autres pièces archéologiques et des pierres de construction anciennes témoignant d’une civilisation prestigieuse datant de 3100 avant J.-C.
Origine du nom Mari
Le nom « Mari » apparaît en écriture cunéiforme 𒈠𒌷𒆠 et, selon les études, il est lié à l’ancien dieu « Itūr-Mēr », divinité de la tempête en Mésopotamie du Nord et en Syrie, considéré comme le protecteur de la cité. L’archéologue et assyriologue Georges Dossin affirme que l’écriture du nom correspond à celle de ce dieu, ce qui suggère que la ville porta ce nom en son honneur.
Langues des habitants de Mari
Les recherches ont montré que les habitants de Mari parlaient le sumérien, l’akkadien ancien, le hourrite et les dialectes amorrites, tandis que ses rois portaient des noms sumériens, ce qui reflète la diversité culturelle et linguistique du royaume.
Naissance du royaume et son emplacement stratégique
Le royaume de Mari fut fondé vers 2900 av. J.-C. sur l’Euphrate moyen en Syrie. Sa capitale, Mari, devint un centre commercial majeur reliant les civilisations du Proche-Orient arabe. Son emplacement privilégié en fit un port fluvial prospère et un centre d’échanges commerciaux et culturels. Ainsi s’éleva une civilisation profondément enracinée, qui s’illustra parmi les autres : la civilisation de Mari.
Urbanisme de Mari et essor de sa civilisation
D’après Marefa, une encyclopédie numérique arabe consacrée à la culture, l’histoire, les sciences et la politique dans le monde arabe, la ville de Mari fut construite selon un plan circulaire de 1.9 km de diamètre, entourée d’une vaste muraille sauf du côté donnant sur l’Euphrate.
Elle fut conçue selon un plan préétabli, avec un port relié au fleuve par un canal pour assurer l’approvisionnement en eau et la navigation, ce qui reflète un développement urbain précoce.

Le chercheur syrien Dr Bachar Khalif a révélé pour la première fois les archives du royaume après des décennies d’études en Europe, mettant en lumière une civilisation puissante aux relations étendues avec la Syrie, la Mésopotamie et l’Anatolie.
Documents et manuscrits
De nombreux manuscrits et documents découverts à Mari témoignent du raffinement et du développement qui régnaient dans le royaume. Parmi les plus remarquables figure une lettre d’un gouverneur à son fils, utilisant un proverbe arabe encore courant aujourd’hui : « La chienne, par précipitation, a mis bas des chiots aveugles ». Les fouilles ont également révélé l’existence d’associations pour les pauvres et les démunis, appelées « mouchkinoum », ce qui illustre le haut niveau de civilisation et d’humanisme de Mari.
Industries et commerce
Mari offrait un modèle avancé dans les industries : on y trouvait 11 types d’huiles, 10 sortes de parfums et 26 variétés de bijoux. Elle exportait les parfums en grandes quantités, atteignant 600 litres par mois, en plus d’une grande diversité de vêtements et de récipients.
Agriculture et naissance des villes au Proche-Orient
La civilisation de Mari s’étendit de 3000 à 1760 av. J.-C. Son développement résulta de l’invention de l’agriculture en Syrie dès le IXe millénaire av. J.-C., ce qui permit la stabilité et l’apparition des premiers établissements et villes. L’agriculture favorisa le commerce, l’émergence du calcul et de l’écriture pictographique, le développement des industries et des arts, ainsi que l’exploitation des métaux. Les cultures irriguées conduisirent à l’organisation de l’irrigation et à la naissance du pouvoir temporel, fondement de la révolution urbaine et de l’apparition des grandes cités, ouvrant ainsi la voie au progrès des mathématiques et des écritures alphabétiques.
L’histoire de Mari s’est achevée de manière tragique vers 1760 avant J.-C., lorsque le roi babylonien Hammurabi l’a conquise et détruite. Mais cette destruction a paradoxalement contribué à préserver son héritage. En effet, les tablettes d’argile, exposées au feu lors de l’incendie, se sont durcies et ont été conservées, transmettant ainsi les détails de l’histoire politique, sociale et culturelle de la ville. »
Les collections de Marie au musée du Louvre
Le département des Antiquités orientales au musée du Louvre conserve d’importantes collections issues des fouilles de Mari, notamment les statues d’ Ebih-Il et d’ Iddi-Ilum, ainsi que la stèle dite « Stèle de l’intronisation ».





Ibtissam ibrahim / R.B.