Damas, (SANA) Le café arabe est présente dans les pavillons de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux invités d’honneur de l’édition exceptionnelle du Salon international du livre de Damas, comme l’un des éléments majeurs du patrimoine culturel immatériel.
Les rituels de sa préparation et de sa présentation ont constitué un espace interactif reflétant les valeurs de générosité et d’hospitalité profondément enracinées dans la culture arabe, tout en reliant l’héritage populaire à la scène culturelle contemporaine du salon.
Le café qatari… et la dallah syrienne
Le responsable de la section “Taïf Al‑Rimal” au pavillon qatari, Abdelaziz Al‑Bouhachim Al‑Sayyed, a déclaré à SANA que le café qatari constitue l’un des éléments du patrimoine immatériel et un symbole authentique de générosité et d’hospitalité.
« Le café se distingue par une saveur particulière résultant d’une torréfaction légère et de sa couleur blonde, ainsi que par l’ajout de safran, de cardamome et de clous de girofle, ce qui lui confère son goût unique », a-t-il ajouté.
Al‑Bouhachim a expliqué que le service du café qatari obéit à des rituels hérités, commençant par la droite, à l’aide de la dallah Al‑Ruslan, l’une des cafetières les plus célèbres du Qatar, reconnue pour son design unique.
Il a précisé que cette cafetière est fabriquée en Syrie, ce qui reflète une ancienne interaction culturelle arabe entre le lieu, l’artisanat et la pratique.
Les rituels du café… Identité du majlis arabe
Il a indiqué que le café arabe possède des rituels bien ancrés dans les majlis, commençant par la dégustation par l’hôte, puis par le service aux invités à travers des tasses traditionnelles, notamment la tasse de l’hôte et la tasse du plaisir.
Il a souligné que le café constitue une partie intégrante du majlis arabe, lequel a été inscrit sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en tant qu’espace social de communication et d’échange de valeurs. »
Une présence saoudienne reflétant la profondeur du patrimoine
Dans le pavillon saoudien, le café arabe s’est imposé comme un élément essentiel de l’identité culturelle. Les méthodes traditionnelles de sa préparation et de sa présentation ont été mises en valeur, avec toutes les significations sociales et historiques qu’elles portent. Le tout dans un contexte qui illustre à la fois la similitude des pratiques arabes et leur diversité locale, réunies dans un cadre culturel commun.
Le café… De ses racines arabes à la boisson mondiale
Les racines du café remontent à la péninsule arabique, et plus précisément au Yémen, où il a été découvert dans les montagnes de Haraz et de Saada. Il s’est ensuite transféré par le port de Moka vers La Mecque, l’Égypte et le Levant, avant d’entamer son voyage mondial au cours des XVIe et XVIIe siècles.
Après près d’un siècle de monopole arabe sur le commerce du café, celui‑ci parvint en Europe grâce aux marchands vénitiens. Sa culture se répandit ensuite à l’échelle mondiale après le transfert de plants de café vers les Pays‑Bas et la France, puis vers les Caraïbes, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Il passa ainsi d’une boisson exclusivement arabe à un produit essentiel du commerce mondial, tandis que l’Arabica, d’origine arabe, demeure jusqu’à aujourd’hui en tête de la production mondiale.
Un patrimoine vivant qui se renouvelle au Salon du livre
La présence du café arabe dans les pavillons de l’Arabie saoudite et du Qatar, au sein du Salon international du livre de Damas, confirme que le patrimoine immatériel constitue une part vivante de la scène culturelle. Elle renforce le lien entre la connaissance et les traditions sociales, présentant le café non seulement comme une boisson, mais comme un symbole culturel reflétant une longue histoire d’interaction humaine et de communication arabe, et incarnant la continuité de l’identité dans un espace culturel ouvert sur le monde.



W.H./R.B.


