Damas, (SANA) Le pavillon du patrimoine immatériel et des métiers traditionnels est présenté au Salon international du livre de Damas comme un espace interactif mettant en valeur la richesse et la diversité du patrimoine syrien.
Le pavillon met en relief les éléments inscrits sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, ainsi que des exemples vivants de métiers traditionnels pratiqués jusqu’ à aujourd’hui.
Éléments syriens enregistrés au niveau Mondial
« Le pavillon comprend une présentation documentaire des éléments syriens inscrits sur les listes de l’UNESCO, tels que les al-Qudoud al-Halabiya, le luth (oud), le théâtre d’ombres, la rose de Damas, le verre soufflé et le savon d’Alep, ainsi que le Khôl arabe et le bisht (abaa pour hommes), récemment ajoutés à la liste. », a déclaré à Sana la directrice du patrimoine immatériel au ministère de la Culture, l’architecte Rola Aqili.
« Un film documentaire d’environ une heure est projeté en continu dans le pavillon, offrant un contenu visuel complet sur ces éléments et documentant leur contexte historique et culturel en tant que partie intégrante de la mémoire vivante de la Syrie », a-t-elle ajouté.
Le métier comme compétence vivante et non comme produit final
L’idée du pavillon repose sur la mise en valeur des compétences et des méthodes de travail des métiers traditionnels, et non sur la simple exposition du produit fini, a souligné Aqili, précisant que les artisans travaillent directement devant le public.
Les métiers traditionnels comme expression de l’identité
Aqili a noté que le ministère de la Culture accorde une attention croissante aux métiers traditionnels qui expriment l’identité syrienne et s’inscrivent dans les domaines du patrimoine immatériel reconnu au niveau international, en particulier les compétences liées aux métiers traditionnels et leur transmission entre les générations.
La Direction a également présenté dans le pavillon deux costumes traditionnels : une Gandoura de la ville de Saraqeb dans le gouvernorat d’Idleb, et un costume traditionnel du gouvernorat de Daraa, ainsi qu’une série de panneaux d’habits populaires issus des archives de la Direction du patrimoine immatériel.
Les artisanes soulignent l’importance de la préservation et de la transmission
Une artisane spécialisée dans le crochet a expliqué que sa participation au pavillon vise à faire connaître ce métier traditionnel pratiqué par les femmes syriennes, notamment à Damas.
Elle a affirmé que sa participation dans le cadre de la Foire du livre met en lumière la valeur culturelle et sociale de cet artisanat, ainsi que son rôle dans l’autonomisation des femmes et la préservation du patrimoine.
Une autre participante, formatrice et artisane dans le métier du qishani, a indiqué que sa participation a permis une interaction directe avec le public, affirmant que la revitalisation des métiers traditionnels et leur transmission aux nouvelles générations est une nécessité pour préserver la mémoire culturelle.
Le pavillon du patrimoine immatériel, mémoire vivante de la nation
Le chercheur en patrimoine et historien, Dr Ghassan Klass, a estimé que le Salon international du livre de Damas constitue une étape culturelle de qualité reflétant ce qu’il a décrit comme un « printemps intellectuel » en Syrie, à travers la diversité des titres et des contenus, de manière qui répond aux besoins des différents membres de famille.
Klass a souligné que la présence du patrimoine immatériel dans les activités de cette exposition revêt une importance particulière, en tant que mémoire du peuple et de la nation, et qu’elle exprime le tissu des relations sociales, économiques et vitales des Syriens. Il a indiqué que les métiers traditionnels manuels, porteurs de l’esprit, de la patience et de la créativité de l’homme, diffèrent fondamentalement du produit industriel et constituent une partie essentielle de l’identité culturelle syrienne.
Il a estimé que le fait de permettre au public de voir les artisans alors qu’ils exerçaient leurs compétences directement devant les visiteurs contribue à renforcer la conscience de l’importance de préserver ce patrimoine et de le protéger de la disparition.
La culture dans son sens global
Le pavillon du patrimoine immatériel et des métiers traditionnels à ce Salon reflète une vision culturelle globale, reliant le livre et le savoir écrit, d’une part, et la pratique patrimoniale vivante de l’autre, et confirme que la sauvegarde du patrimoine immatériel constitue un pilier principal pour la préservation de l’identité nationale.
Ib.i./R.B.












Ib.i. / L.S.