Damas, (SANA) Pendant plus d’un an et demi, le point de passage terrestre de Rafah a été bien plus qu’une simple frontière fermée pour les Palestiniens de Gaza : c’était une plaie béante.
Ce point de passage, fermé par l’armée israélienne depuis mai 2024 et seul point de passage qui n’est pas sous contrôle israélien direct, est devenu le dernier espoir pour les habitants pris au piège entre les bombardements, les pénuries de fournitures et un système de santé en ruine.
La réouverture partielle du point de passage, annoncée cette semaine à titre expérimental, rétablit la circulation des personnes entre Gaza et l’Égypte, mais dans un climat d’incertitude, de contradictions officielles et de tragédie humanitaire persistante.
Pour des milliers de Palestiniens, Rafah demeure un goulot d’étranglement où la vie et la mort sont en jeu.
Lundi, des ambulances sont arrivées à l’hôpital du Croissant-Rouge de Khan Younès pour transporter les malades et les blessés du côté égyptien, afin qu’ils puissent bénéficier de soins médicaux désormais inaccessibles dans l’enclave assiégée.
La caméra de SANA a documenté les souffrances des malades attendant de pouvoir traverser la frontière égyptienne pour recevoir des soins médicaux indisponibles à Gaza.
Les hôpitaux du nord du Sinaï et des gouvernorats voisins ont été placés en état d’alerte maximale, conscients de l’ampleur de la crise sanitaire provoquée par des mois d’agression et de blocus.
Cependant, même cette aide, aussi limitée, est source de confusion. Les chiffres concernant le nombre de personnes ayant réussi à franchir la frontière divergent : tandis que les sources égyptiennes évoquent quelques dizaines de personnes, les médias israéliens avancent des chiffres bien plus élevés.


Au-delà des statistiques, la réalité est dramatique, environ 20 000 patients attendent l’autorisation de quitter Gaza pour recevoir des soins urgents, selon les organisations palestiniennes.
Parmi eux, de nombreux enfants, des personnes âgées et des blessés graves ont survécu aux attaques, mais pas à l’effondrement des hôpitaux privés d’électricité, de médicaments et de personnel en nombre suffisant.
La fermeture de Rafah en mai 2024, suite à l’offensive israélienne contre cette ville frontalière, a suscité une vague de condamnations internationales et a tendu les relations avec l’Égypte. Pour Le Caire, la réouverture du point de passage implique un équilibre délicat : permettre l’acheminement de l’aide humanitaire sans facilités ce qu’il considère comme un déplacement forcé et déguisé de la population palestinienne de ses terres.
Conformément aux accords de cessez-le-feu, seuls ceux qui ont quitté Gaza après le début de la guerre en octobre 2023 seront autorisés à y retourner.
Aujourd’hui, Rafah rouvre, mais ce n’est pas un passage libre : c’est une brèche. Pour Gaza, ce point de passage demeure son cordon ombilical, fragile et vulnérable, par lequel passe à peine un mince filet de vie au milieu d’une catastrophe humanitaire qui se poursuit sous les yeux du monde entier.
W.H./R.B.
