Damas-SANA
À l’invitation de l’Association des survivants de la prison de Palmyre, la Bibliothèque nationale de Damas a accueilli une conférence intitulée « L’histoire Palmyrénienne », donnée par le Dr Mahmoud Achour, activiste et ancien détenu, en présence de plusieurs anciens prisonniers, de familles de disparus ainsi que de personnes intéressées par les questions relatives aux droits de l’homme.
La conférence, qui a présenté des témoignages sur la souffrance des détenus dans la prison de Palmyre, a abordé trois axes principaux : le premier concerne l’épreuve et son impact, le deuxième porte sur la patience des détenus et leurs moyens de ténacité, et le troisième traite des leçons tirées pour construire le futur État syrien.
L’épreuve des détenus et son impact sur eux et leur environnement
Au début de la conférence, le Dr Achour a évoqué une partie de sa souffrance personnelle ainsi que celle de sa mère, qui a duré un quart de siècle et s’est achevée par la mort de sa mère alors qu’elle attendait son retour. Sa situation ressemble à celle de toutes les mères et familles de détenus, lesquelles ont incarné une part de la scène syrienne, marquée pendant six décennies par la douleur et l’absence dues au régime défunt.
Achour a souligné que ses vingt et une années de détention se sont déroulées à une époque où l’ancien régime excellait dans les méthodes de torture, notamment la privation de nourriture, de boisson, d’air, de vêtements, de communication avec la famille, ainsi que l’accès au savoir et à la lecture du Saint Coran, dans une tentative de briser la volonté et la dignité des détenus, entraînant la mort de dizaines de milliers de personnes sous la torture, tandis qu’un nombre limité d’entre eux ont survécu.
Les outils de patience des détenus
Selon Achour, les détenus ont affronté les conditions difficiles de la prison de Palmyre avec cohésion et patience, ajoutant que l’individu s’affaiblit, mais que le groupe demeure fort. « Ce qui nous a permis d’endurer toute cette oppression, c’était notre ferme conviction que nous avions raison », a-t-il ajouté. Il a souligné que ces conditions s’étaient transformées en opportunités d’innovation. « Nous avons ainsi utilisé du fil, une aiguille et un sac pour fabriquer des vêtements, un pain de savon comme stylo et un clou pour soigner les blessés, accrocher des vêtements ou encore creuser les murs », a-t-il dit.
Achour a également évoqué les efforts de l’ancien régime pour priver les détenus de tout outil de connaissance. Selon lui, cela n’a pas réussi à les empêcher d’apprendre et d’acquérir diverses informations auprès de certains d’entre eux en médecine, en ingénierie et en littérature, soulignant que leur volonté commune fut une raison majeure de leur résistance.
Leçons apprises pour construire le prochain état syrien
En ce qui concerne le troisième axe, Achour a souligné l’importance de passer de l’individualisme à l’action collective, d’instaurer une justice transitionnelle et de transformer la douleur et la souffrance en espoir, afin de forger un caractère national syrien capable de faire face à l’injustice.
Achour a conclu sa conférence en disant : « L’expérience amère et la fermeté du peuple syrien, face à plus d’un siècle d’injustice, devraient servir de leçons pour construire un État fondé sur la justice et les droits de l’homme et constituer une base pour édifier la Syrie nouvelle.


R.khallouf/R.Bittar