Lattaquié, (SANA) La Direction des affaires politiques du gouvernorat de Lattaquié, en coopération avec l’organisation internationale de défense des droits humains « Sans menottes », a organisé ce dimanche un forum de discussion « La femme syrienne… force et résilience face à la guerre et dans la construction de la société », à l’occasion de la Journée internationale des femmes.
La rencontre, accueillie par le Centre culturel arabe de Lattaquié, a mis en lumière les rôles essentiels assumés par la femme syrienne durant les années de la révolution, ainsi que ses contributions au processus de construction sociale.
Le gouverneur de Lattaquié, Mohammad Othman, a indiqué à SANA que le forum de discussion comprenait un hommage rendu à plusieurs survivantes des prisons du régime déchu, ainsi qu’une session de discussion portant sur les moyens d’améliorer la situation des femmes et de renforcer leur rôle dans la prochaine étape.
Othman a souligné l’importance pour la femme de jouer un rôle central dans la construction de l’État aux côtés de l’homme, précisant que cela « nécessite des programmes visant à réactiver le rôle des femmes, en coordination avec les organisations de défense des droits et les associations concernées, ainsi que l’organisation de rencontres et de débats renforçant la culture de la conscience et de la compréhension au sein de toutes les composantes de la société ».
De son côté, Dr Faten Ramadan, présidente du conseil de l’organisation internationale « Sans menottes », a présenté les principales difficultés rencontrées par la femme syrienne durant la révolution, soulignant qu’elle « a été utilisée comme moyen de pression contre les hommes, tout en assumant le rôle de soutien et de pilier familial en l’absence de l’homme ».
Ramadan a ajouté que les rôles de la femme se sont multipliés, englobant « la détenue, la secouriste, la journaliste, la maîtresse de maison, l’enseignante et la figure de sensibilisation à l’importance de la lutte et de sa continuité, soutenant son mari pour qu’il reste un leader sur les fronts et ferme dans sa position pour la libération de la Syrie ». Elle a conclu en affirmant que ces difficultés « se sont dissipées lorsque la révolution syrienne a triomphé ».
Dr Lama Monla, directrice du développement administratif à la Direction de l’éducation de Lattaquié et participante à la rencontre, a évoqué la transformation profonde de la vie des femmes syriennes durant les années de la révolution, soulignant les responsabilités qu’elles ont assumées en raison de l’absence forcée du mari.
Elle a déclaré que « la perte multiple au sein des familles a rendu le rôle de la femme plus complexe et plus difficile », puisqu’elle a dû concilier affection, soins et prise en charge économique pour protéger sa famille.
Pour sa part, Dr Ahmad Moussa, l’un des participants, a estimé que la femme syrienne a joué un rôle majeur au sein de la famille et de la société durant les années de la révolution, que ce soit en tant que mère de famille ou dans son activité professionnelle. Il a souligné son rôle dans « l’éducation d’une génération fondée sur les idées et les principes de la révolution », affirmant que cette génération, après la victoire de la révolution, aura la responsabilité d’ancrer ces valeurs dans la société et de contribuer à sa construction.
Il est à noter que l’organisation « Sans menottes » est une organisation bénévole et non lucrative fondée en 2021, spécialisée dans les questions des droits humains, des détenus, des disparus et des victimes d’opinion.
M.Ch.