Damas, (SANA) Raed Hassoun, chef du département du déminage au Centre national de lutte antimines relevant du ministère des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes, a affirmé que le Centre œuvre pour l’élaboration d’une stratégie nationale intégrée sur trois ans visant à déminer les territoires syriens.
Cette stratégie prévoit parallèlement le développement de capacités nationales durables ainsi que l’amélioration du dispositif opérationnel et des normes réglementaires, dans un contexte marqué par d’importants défis, notamment l’étendue des zones contaminées et le manque de personnel, d’équipements et de financements.
Dans une déclaration accordée aujourd’hui vendredi à SANA, en marge de la 63e édition de la Foire internationale de Damas, Hassoun a précisé que le Centre constitue l’autorité de supervision, de coordination et de réglementation des actions de toutes les organisations internationales et locales œuvrant dans le domaine de la lutte antimines en Syrie.
« Le Centre ne dispose pas lui-même d’équipes de terrain chargées d’effectuer les opérations de déminage. Son rôle se concentre principalement sur la coordination, le contrôle de la qualité et l’élaboration des normes encadrant ces actions », a-t-il souligné.
Une stratégie nationale sur trois ans
Hassoun a indiqué que le Centre a élaboré un plan stratégique couvrant une période de trois ans, faisant savoir que ce plan repose sur la mise en place d’un système national unifié d’information destiné à recueillir les données relatives à l’existence de mines, le développement de compétences nationales durables et l’instauration d’un système de normes régissant les opérations de déminage, parallèlement aux opérations d’enquête technique et non technique ainsi qu’aux actions de déminage.
Dans le cadre des efforts visant à accélérer le déminage et la remise à disposition des terres, Hassoun a précisé que le Centre entend adopter les technologies internationales les plus récentes et tirer parti de l’expérience des pays ayant été confrontés à des défis similaires. Le Centre oeuvre également pour établir des contacts avec des experts internationaux et à favoriser les échanges d’expertise.
Il a précisé que des drones allemands spécialisés dans les opérations d’enquête technique sont actuellement testés afin de déterminer avec davantage de précision l’étendue et la nature de la propagation de mines.
« Le Centre expérimente également certains des équipements de déminage mécanique les plus modernes au monde, dans le but d’améliorer l’efficacité des opérations de déminage et d’en élargir la portée », a-t-il dit.
Hassoun a souligné que le véritable critère de réussite des opérations de déminage ne se limite pas à débarrasser les terres des mines et à les restituer conformément aux procédures légales. « Il réside surtout dans l’impact concret de ces opérations sur la vie des habitants et sur l’économie, notamment en permettant aux agriculteurs de retourner sur leurs terres et aux usines et établissements économiques de reprendre leurs activités en toute sécurité », a-t-il assuré.
Il a insisté sur le fait que la mise à disposition des effectifs, des équipements et des financements nécessaires contribuerait à accélérer l’élimination des mines et des munitions non explosées, à faciliter le retour des populations, à permettre la remise en état des terres et à soutenir le processus de reprise et de développement en Syrie.
Ampleur considérable de la propagation de mine
Hassoun a indiqué que quatorze années de guerre ont entraîné une importante dissémination de mines et de munitions non explosées dans différentes régions syriennes, en raison de l’utilisation de multiples types d’armes, dont certaines interdites par le droit international.
Il a expliqué que l’ampleur considérable de la propagation de mine constitue un défi majeur pour les opérations de déminage, alors que le nombre d’équipes de terrain opérationnelles demeure très insuffisant, que les financements sont limités et que les équipements mécaniques modernes nécessaires pour accélérer le déminage et libérer de vastes superficies font défaut.
Priorité au retour des personnes déplacées et à la remise en état des terres
Concernant les priorités d’intervention, Hassoun a affirmé qu’après l’achèvement de la cartographie nationale des zones contaminées, le Centre accordera la priorité à la protection de la vie des civils et à la sécurisation du retour des personnes déplacées dans leurs régions. « Ensuite, il faut mettre en état des terres agricoles ainsi que soutenir aux projets d’investissement et de développement », a-t-il précisé.
Il a également indiqué que le ministère des Transports avait déposé une demande visant à réaliser une étude du tracé de la ligne ferroviaire reliant Alep à la frontière irakienne, en vue de sa réhabilitation et de la mise en place d’un axe destiné au transport du pétrole.
Selon lui, ce projet représente un défi majeur, car la ligne traverse le désert syrien qui compte parmi les zones les plus contaminées et les plus dangereuses, faisant noter qu’il constitue néanmoins une priorité économique pour reconnecter les différentes régions du pays et relancer les activités de transport et de commerce.
La Foire internationale de Damas, qui s’achève aujourd’hui vendredi, a constitué une plateforme importante pour faire connaître les efforts nationaux dans le domaine de la lutte antimines, échanger des expériences avec les parties et organisations spécialisés et découvrir les technologies les plus récentes utilisées pour les opérations d’enquête et de déminage.
A.Ch.