Damas, (SANA) Le quatrième tribunal pénal du palais de justice de Damas a tenu mardi sa cinquième audience consacrée à l’examen du dossier d’Atef Najib, accusé de crimes commis à l’encontre du peuple syrien. L’audience s’est déroulée en présence de familles de victimes du gouvernorat de Daraa, de membres de la Commission nationale pour la justice transitionnelle, ainsi que de représentants d’organisations juridiques et humanitaires internationales.
Témoignages à charge devant le tribunal pénal
L’audience, tenue à huis clos, a été consacrée à l’audition des témoins à charge, qui ont comparu devant le tribunal et présenté leurs témoignages en présence de l’accusé, conformément aux procédures judiciaires en vigueur.
L’audition des témoins à charge constitue l’une des étapes essentielles des procès pénaux, dans la mesure où elle représente un moyen de preuve sur lequel le tribunal peut s’appuyer pour forger sa conviction judiciaire. La juridiction examine ainsi les témoignages et les met en relation avec les preuves et les éléments contenus dans le dossier, tout en garantissant à la défense le droit de les contester conformément aux garanties prévues par la loi.
Garanties d’un procès équitable
Le tribunal a clôturé l’audience et fixé la prochaine séance au 21 juillet pour la poursuite des procédures judiciaires.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du respect des garanties d’un procès équitable, en préservant le droit à la défense et le droit du parquet de soumettre ses preuves pour émettre ensuite le jugement en se basant sur les faits et les preuves dont le tribunal disposent.
Atef Najib, cousin de Bachar al-Assad, avait occupé le poste de chef de la branche de la sécurité politique dans le gouvernorat de Daraa. Il est accusé d’avoir été directement impliqué dans les campagnes de répression et les arrestations menées dans le gouvernorat dès le début de la révolution syrienne en 2011, notamment dans l’affaire de l’arrestation d’enfants de Daraa en mars de la même année, un événement qui a marqué le déclenchement des premières contestations.
Au cours de ce procès, Najib est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment son implication, directe et conjointe, en tant que commandant dans des actes systématiques visant des civils à Daraa, notamment des actes de meurtre, de torture et des arrestations arbitraires.
L’acte d’accusation lui reproche également d’avoir participé à la répression des manifestations pacifiques par l’usage de balles réelles et d’une force excessive, d’être directement responsable de ce qui est connu sous le nom de « massacre de la mosquée Al-Omari », ainsi que d’avoir pris part à des homicides et à des actes de torture ayant entraîné la mort de détenus dans des centres de détention.
Il est en outre accusé d’avoir agi, avec des responsables sécuritaires, militaires et politiques, au sein d’une structure hiérarchique organisée, dans la commission de ces graves violations.
Ce procès s’inscrit dans le cadre d’une démarche plus large visant à établir un système judiciaire garantissant la non-répétition des violations commises contre les Syriens. Cette démarche comprend la poursuite en justice des responsables de ces crimes, l’indemnisation des victimes et l’authentification des événements marquants de l’histoire du pays.
a.h. / A.Ch.