Damas, (SANA) La convocation de la première séance de l’Assemblée du peuple syrienne après la libération a constitué un moment charnière dans le processus d’achèvement de la construction des institutions étatiques durant la phase de transition, avec le début des travaux de l’autorité législative stipulés dans la Déclaration constitutionnelle, consolidant ainsi les fondements du nouvel État et répondant aux exigences de la reconstruction.
Lors de cette séance, les membres de l’Assemblée du peuple ont prêté serment en présence du président Ahmad al-Charaa, marquant le début des travaux de l’Assemblée tels que stipulés dans la Déclaration constitutionnelle, en application du décret n° (143) de 2026, qui comprenait la nomination des membres de la nouvelle Assemblée du peuple syrien.
Le président al-Charaa : La Syrie écrit aujourd’hui une nouvelle page de son histoire
Lors de son discours devant les membres de l’Assemblée, le président Ahmad al-Charaa a affirmé que la Syrie écrit aujourd’hui une nouvelle histoire, reflétant sa civilisation, ses valeurs et son patrimoine, afin d’ouvrir un nouveau chapitre dans la construction de la Syrie moderne.
Il a expliqué que chacun était confronté à une grande responsabilité et que les années de tyrannie, de guerre et de destruction qui ont laissé leur impact sur l’Homme, les infrastructures et l’économie exigeaient de privilégier l’intérêt de la patrie, de travailler ensemble, de faire du service au peuple l’objectif de toute politique et de construire l’État.

« Après la libération de la patrie et le rétablissement de sa liberté, la Syrie entame la phase de consolidation de l’État et de construction de ses institutions sur les fondements de la responsabilité et de la compétence, dans un État où la dignité est préservée et la volonté respectée », a assuré le président syrien.
Il a souligné que la reconstruction de l’économie, l’amélioration des services publics, la création d’un environnement propice à l’investissement, la fourniture d’emplois et l’augmentation de la production constituent une responsabilité nationale partagée par toutes les institutions de l’État, et en premier lieu par l’Assemblée du peuple, grâce à la législation qu’elle élabore.
« Cette législation accompagne la phase de reconstruction, répond aux aspirations des Syriens et soutient la voie du développement et de la prospérité », a-t-il précisé.
Le président al-Charaa a exhorté les membres de l’Assemblée à faire de cette dernière un modèle de responsabilité et de compétence, à contribuer à l’instauration d’une culture du dialogue, du respect de l’État de droit et des institutions, et à œuvrer ensemble à la construction de la nouvelle Syrie.
Dr Al-Awak élu président de l’Assemblée
Les membres de l’Assemblée du Peuple ont élu le député Abdul Hamid Akil Al-Awak, comme président de l’Assemblée, après qu’il a reçu 99 voix, surpassant les candidats Muayyad Hayel Al-Qablawi et Muhammad Ramiz Kurj.
Dr Al-Awak est un universitaire et juriste né à Hassaké en 1966. Il est titulaire d’une licence en droit de l’Université d’Alep, d’un master en droit administratif et d’un doctorat en droit constitutionnel de l’Université arabe de Beyrouth.
Il a été membre du comité de rédaction de la déclaration constitutionnelle.
Al-Awak : Le Parlement est une responsabilité collective
Une fois la mise en place du Bureau exécutif de la présidence de l’Assemblée achevée, les membres de l’Assemblée ont poursuivi leur séance, présidée par le président de l’Assemblée, Abdul Hamid Al-Awak, qui, dans son discours, a appelé les membres à œuvrer ensemble pour renforcer la position de l’institution législative et éliminer l’image stéréotypée que l’ancien régime avait instaurée pendant plus de six décennies.

Al-Awak a souligné que le travail parlementaire est une responsabilité collective et que son succès ou son échec est une responsabilité partagée par tous les membres, insistant sur la nécessité que tous les travaux et activités parlementaires soient menés de manière à rehausser son prestige et son rôle.
Al-Awak a souligné que l’Assemblée coopérera avec le pouvoir exécutif, dirigé par le président, expliquant que le pays traverse une phase de transition difficile et que la population attend beaucoup des pouvoirs législatif et exécutif, ce qui nécessite une coopération maximale.
Des tâches constitutionnelles et législatives attendent l’Assemblée
La déclaration constitutionnelle a défini les tâches et les pouvoirs de l’Assemblée pendant la phase de transition, qui comprennent : la proposition et l’adoption de lois, la modification ou l’abrogation des lois précédentes, la ratification des traités internationaux, l’approbation du budget général de l’État et l’octroi d’une amnistie générale.
Les principaux défis auxquels l’Assemblée est confrontée sont l’adoption d’une constitution permanente pour le pays et la loi sur la justice transitionnelle, dont le projet a été précédemment présenté par la Commission nationale sur la justice transitionnelle pour discussion avec un certain nombre de membres de l’Assemblée.
Le travail de l’Assemblée est fondé sur la Déclaration constitutionnelle de 2025, qui stipule qu’il assumera le pouvoir législatif pendant la période transitoire pour une période renouvelable de trente mois, jusqu’à l’adoption d’une constitution permanente et la tenue de nouvelles élections législatives.
L’Assemblée devrait commencer à préparer son statut au cours du premier mois de sa session, après avoir achevé l’élection de sa direction.
L.Arfi