Damas, (SANA) Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a organisé aujourd’hui, en coopération avec plusieurs organismes gouvernementaux et organisations internationales, un atelier intitulé : « Dialogue avec les Ligues de victimes et les organisations de la société civile syrienne sur la révision et le développement du projet de stratégie nationale globale de la République arabe syrienne sur la lutte contre la torture et sur sa prévention ».
L’événement a réuni des représentants d’organisations de la société civile, de plusieurs ministères syriens ainsi que du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
L’atelier, tenu au bâtiment du ministère à Damas, a porté sur l’importance de la stratégie nationale et sur les obligations découlant du droit international des droits de l’homme, notamment la Convention contre la torture et son Protocole facultatif.
Les participants ont également examiné le statut juridique de la Syrie au regard de cette convention, le cadre juridique national relatif à la prévention de la torture, ainsi que les meilleures pratiques et leçons tirées.
Les participants ont souligné la nécessité de développer une approche participative, à travers le lancement d’un dialogue constructif visant à échanger des points de vue et des observations sur les textes et les thèmes du projet de « stratégie nationale globale sur la lutte contre la torture et sur sa prévention ».
La torture, une politique systématique sous le régime déchu
Lors de son intervention à l’atelier, Saad Baroud, directeur du département des organisations et des conférences internationales au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, a affirmé que la torture pratiquée sous le régime déchu constituait une politique systématique, qualifié d’un « régime brutal conçu pour semer la terreur, briser les esprits et déshumaniser la population syrienne ».
« Les centres de détention n’étaient pas de simples lieux d’arrestation, mais de véritables abattoirs humains où des innocents ont été torturés pour la seule raison de leur aspiration à la liberté », a-t-il ajouté.
Il a fait savoir que tout le monde sait bien le lourd tribut que « nous avons payé », évoquant avec un profond chagrin la disparation à cause du régime déchu de plus de 170 000 personnes, dont les familles attendent toujours des nouvelles.
L’importance de la stratégie sur la lutte contre les violations
Pour sa part, le directeur adjoint du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Abdoul Aziz Abdoul Aziz, a affirmé que cette stratégie s’inscrit dans le cadre de la phase de transition que traverse la Syrie.
Abdoul Aziz a souligné l’importance de disposer d’une stratégie pour lutter contre ce type de violations, indiquant que son bureau apporte, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, un soutien technique et professionnel, notamment à travers le partage des meilleures pratiques et des expériences comparées d’autres pays, afin d’aider la Syrie à mettre en œuvre cette stratégie conformément à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme.
Importance de la participation de la société civile aux discussions sur l’avant-projet
Chifaa Joumblatt, coordinatrice de la « Tente de la Vérité » à Darayya dans la cadre des « Tentes de vérité » en Syrie, a affirmé la nécessité d’associer les familles des victimes aux discussions sur le projet de stratégie nationale sur lutte contre la torture et sur sa prévention.
Joumblatt a précisé que l’atelier offre l’occasion d’aborder les propositions et les observations des victimes avant l’approbation de la version finale de la stratégie.
Pour sa part, Hussein Al-Muhaimid, directeur des programmes de la Ligue des avocats syriens, a estimé que l’importance de cet atelier réside dans le fait qu’il réunit des institutions étatiques, des organisations de la société civile et des Ligues de victimes afin de se concerter sur l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la torture en Syrie.
A signaler que le département des organisations et des conférences internationales du ministère des Affaires étrangères et des Expatriés avait déjà organisé un premier atelier le 12 mai, en vue de l’élaboration de la stratégie nationale globale sur la lutte contre la torture.
a.h. / A.Ch.