Damas, (SANA) La Commission nationale pour la justice transitionnelle a affirmé que l’affaire du sort des enfants du Dr Abdel Rahman Yassine, époux de la Dre Rania Al-Abbassi, constitue l’une des tragédies humaines qui résument la souffrance de milliers de familles syriennes.
Dans un communiqué dont SANA a reçu une copie ce samedi, la Commission a indiqué poursuivre son action en faveur de la recherche de la vérité et de l’obligation de rendre des comptes, afin de garantir que toute personne dont l’implication dans les crimes et les violations graves commis contre les Syriennes et les Syriens sera établie soit tenue responsable.
La Commission a précisé qu’elle suivait les déclarations de la Commission nationale des personnes disparues concernant les résultats de l’enquête relative au sort des enfants, après de longues années de douleur et d’attente vécues par la famille ainsi que par tous ceux qui ont suivi cette affaire, considérée comme l’un des cas emblématiques de disparition forcée en Syrie.
Le droit à la vérité au cœur de la justice transitionnelle
La Commission a souligné que cette affaire représente l’une des tragédies humaines qui résument la souffrance de milliers de familles syriennes qui attendent toujours de connaître le sort de leurs proches.
Elle a insisté sur l’importance de poursuivre les efforts nationaux pour faire toute la lumière sur ces affaires, sans exception, et de préserver le droit des victimes et de leurs familles à la vérité et à la justice.
Elle a également rappelé que le droit des victimes et de leurs proches à connaître la vérité est un droit fondamental et imprescriptible, et que l’accès à des informations authentifiées sur le sort des victimes constitue une étape essentielle sur la voie de la justice.
La révélation du sort ne clôt pas le dossier
La Commission a indiqué que la révélation du sort des victimes, en dépit de son immense importance humaine et morale, ne clôt pas le dossier ni ne met fin au processus de justice. Au contraire, elle ouvre la voie à l’établissement complet des faits et des circonstances entourant l’affaire, ainsi qu’à l’identification des responsables, quels qu’ils soient et quelles que soient les entités impliquées.
Elle a précisé qu’elle poursuivait son travail de soutien aux mécanismes de recherche de la vérité et de responsabilisation juridique, afin de garantir que toute personne reconnue coupable de crimes ou de violations graves perpétrés contre les Syriennes et les Syriens soit traduite en justice, en coordination avec les autorités concernées.
Elle a également souligné l’importance du principe de lutte contre l’impunité, considéré comme l’un des fondements indispensables à la restauration de la confiance dans les institutions et à l’obtention de justice pour les victimes et leurs proches.
Établir les responsabilités et préserver la mémoire
La Commission a affirmé que la vérité complète ne se limite pas à la connaissance du sort des victimes, mais englobe également la compréhension de ce qui s’est passé.
Elle a appelé les médias et l’opinion publique à traiter cette affaire avec le plus grand sens des responsabilités et du respect de la dignité humaine, et à s’abstenir de diffuser tout contenu ou toute information non vérifiés susceptibles de porter atteinte à la dignité des victimes ou de violer la vie privée de la famille.
La Commission nationale pour la justice transitionnelle a enfin présenté ses sincères condoléances et sa profonde sympathie aux membres de la famille concernés par ces conclusions, réaffirmant sa solidarité avec toutes les familles des personnes disparues et victimes de disparition forcée en Syrie, ainsi que son engagement à poursuivre sa mission envers les victimes et leurs proches, dans le respect de leur droit à la vérité, à la justice et à la dignité.
Plus tôt dans la journée, la Commission nationale des personnes disparues avait annoncé être parvenue à des résultats fiables et concordants permettant de conclure, avec un degré élevé de certitude professionnelle, au décès des enfants de Rania Al-Abbassi.
Avant toute annonce publique, elle avait informé les membres concernés de la famille de ces conclusions, conformément à un protocole humain et professionnel qui considère le droit de la famille à être informée comme une priorité fondamentale et qui préserve sa dignité ainsi que son équilibre psychologique.
A.Ch.