Damas, (SANA) Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Alexander De Croo, a affirmé que la Syrie se trouve aujourd’hui à un moment charnière, ayant connu une stabilisation de la situation et un arrêt de la violence. Cela permet de passer de la phase d’aide humanitaire à l’investissement dans l’avenir du pays, alors que 1,6 million de personnes sont revenues, malgré la persistance des défis et la nécessité de renforcer le partenariat avec le gouvernement syrien dans divers domaines, en mettant l’accent sur la transition vers le travail de développement.
De Croo a précisé, dans un entretien accordé à SANA à l’issue de sa visite en Syrie jeudi, que le pays se trouve à un moment décisif après quatorze années de guerre terrible ayant fait un très grand nombre de victimes. Il a souligné la stabilisation de la situation et l’arrêt de la violence, ce qui permet de passer de l’aide humanitaire à l’investissement dans l’avenir du pays. La demande augmente pour les services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation et le logement. Par ailleurs, 1,6 million de personnes sont revenues l’an dernier, tandis que d’autres aspirent à rentrer et à contribuer à la reconstruction.
Présenter la Syrie comme une histoire de réussite
De Croo a indiqué que cette phase nécessite de présenter la Syrie comme une histoire de réussite, car ce qui a été accompli n’était pas attendu il y a quelques années. Il a souligné l’importance de cela pour les Syriens et la communauté internationale, en particulier à la lumière des récents développements dans la région. Il a affirmé que démontrer la possibilité d’une transition vers la démocratie et un État pacifique et prospère constitue un devoir envers les Syriens et le monde.
Les défis liés aux mines et aux services
De Croo a souligné que les besoins liés à la guerre restent importants : l’arrêt du conflit ne signifie pas la disparition du danger, puisque des dizaines de milliers de mines et de munitions non explosées demeurent disséminées. Plus de 60 % des terres pourraient être dangereuses à cause d’elles, ce qui nécessite d’accélérer les efforts de déminage en coopération avec les partenaires. Environ 25 % des Syriens souffrent de handicaps souvent dus à ces restes explosifs.
Il a indiqué que les besoins en logement et en services constituent une priorité essentielle, alors que les citoyens aspirent à une amélioration tangible de leur vie quotidienne. La guerre a entraîné un recul important des niveaux de prospérité, et la phase actuelle nécessite des progrès sous une direction politique locale. Il a affirmé que les organisations des Nations unies se tiennent aux côtés des Syriens et les soutiennent, tandis que la direction locale demeure le facteur déterminant pour réussir.
Le partenariat avec le gouvernement syrien
Concernant le partenariat avec le gouvernement syrien, De Croo a expliqué qu’une coopération s’est développée au cours des derniers mois dans plusieurs domaines, notamment le déminage, l’eau et l’assainissement, avec la création d’une station de traitement de l’eau et des projets pour en établir d’autres. S’ajoutent le travail dans le domaine des prothèses pour aider les blessés, ainsi que le soutien au secteur privé et à l’entrepreneuriat par la formation des jeunes aux compétences technologiques.
Il a ajouté que le Programme des Nations unies pour le développement joue également un rôle consultatif via le dialogue avec le gouvernement syrien sur les priorités. Il contribue au renforcement des capacités, notamment dans la gestion des ministères, l’élaboration des budgets et les mécanismes de négociation avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sur la base de son expertise dans ces domaines.
Les rencontres avec les responsables syriens
Concernant ses rencontres avec les responsables syriens, De Croo a indiqué qu’un certain nombre de priorités ont été discutées, notamment le déminage et la fin prochaine des camps afin de garantir que les citoyens vivent à l’intérieur du pays. Il a également évoqué l’examen d’une stratégie générale définissant les objectifs pour les années à venir, avec la nécessité de la transformer en plans d’exécution détaillés incluant la nature des projets et des interventions requises.
Il a souligné que la transition du travail humanitaire au travail de développement nécessite des investissements dans les systèmes de justice, d’éducation et de logement, alors que les taux de pauvreté et de chômage restent élevés. L’objectif est de permettre aux citoyens de posséder des logements et d’obtenir des emplois assurant un revenu garantissant leur autosuffisance, loin de la dépendance à l’aide.
Message à la communauté internationale
De Croo a affirmé que le message adressé à la communauté internationale souligne la nécessité de fournir un financement pour la reconstruction de la Syrie. Il avertit que l’absence d’intervention à ce stade constituerait un abandon du peuple syrien. Il insiste sur le fait que la résilience dont il a fait preuve ces dernières années exige un soutien international réel pour contribuer à reconstruire le pays.
Une délégation onusienne, présidée par Alexander De Croo, directeur du PNUD, et Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, est arrivée en Syrie mercredi 1er avril. Elle a visité plusieurs zones, dont Jobar à Damas, tenu des rencontres avec des responsables syriens et lancé la déclaration des priorités de relèvement en Syrie ainsi que le plan de réponse humanitaire pour 2026.
R.S / M.Ch.