Damas, (SANA) Depuis la libération du 8 décembre 2024, le combat de la Syrie contre le terrorisme, le trafic d’armes et le crime organisé ne se limite plus à la protection de sa sécurité intérieure.
Il commence désormais à faire partir d’un système plus large visant à protéger la sécurité de la région et du monde, à travers la traque des cellules du réseau terroriste Daech, le démantèlement des réseaux de trafic d’armes et de stupéfiants, le contrôle des frontières, ainsi que la lutte contre les réseaux de traite des êtres humains et la criminalité transfrontalière.
Olabi : La Syrie est un partenaire actif dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité
L’ambassadeur permanent de la Syrie auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, a indiqué, lors d’une séance du Conseil de sécurité tenue le 22 juin dernier, que la Syrie était devenue un partenaire actif dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.
Il a souligné que la Syrie poursuivait ses combats contre Daech, le trafic d’armes et de stupéfiants ainsi que le crime transfrontalier, en plus des risques relatifs au programme d’armes chimiques laissé par le régime déchu.
Daech : de la traque des cellules au partenariat international
En février dernier, Damas a participé à Riyad à une réunion de la Coalition internationale anti-Daech, après être devenue le 90e membre de la Coalition.
Les participants ont mis l’accent sur l’adhésion de la Syrie, affirmant leur détermination à œuvrer étroitement avec elle pour vaincre le réseau terroriste.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Thomas Barrack, a, pour sa part, estimé que la participation de Damas représentait « un nouveau chapitre dans la sécurité collective », en référence au passage de la lutte contre Daech à une responsabilité partagée entre les pays de la région et la communauté internationale.
L’adhésion à la Coalition s’est accompagnée d’une intensification des opérations syriennes contre les cellules du réseau.
Le 5 mars, les services de sécurité, en coopération avec les services de renseignement général et en coordination avec les renseignements turcs, ont déjoué un plan préparé par une cellule affiliée à Daech qui s’apprêtait à mener une opération de sabotage à Damas. Un véhicule piégé contenant des matières hautement explosives a également été saisi.
Sur le plan intérieur, le ministère de l’Intérieur a révélé, le 16 juillet dernier, dans le cadre de la présentation des circonstances entourant l’attentat terroriste perpétré par Daech contre l’église Mar Elias, dans le quartier de Dweila à Damas, le 22 juin 2025, que les services de sécurité avaient réussi, au cours de la période précédente, à arrêter environ 1 300 éléments de Daech, dont plusieurs cadres importants, et à démanteler 34 cellules du réseau.
Dans une vidéo diffusée par le ministère, le vice-ministre de l’Intérieur, le général de division Abdel Qader Tahan, a déclaré que Daech avait profité de la période ayant suivi la libération ainsi que du vide sécuritaire et militaire qui l’avait accompagnée pour se déplacer de la Badia vers les villes, avant de modifier ses méthodes d’action et de prendre pour cible les différentes composantes de la société syrienne afin de « porter atteinte au tissu social et inciter les Syriens contre le nouvel État ».
« Syrie sans stupéfiants » : une réponse sécuritaire et sociale
L’approche syrienne ne s’est pas limitée au volet sécuritaire. Le gouvernement a lancé une campagne nationale sous le slogan « Syrie sans stupéfiants », à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de stupéfiants, en présence du président Ahmad al-Charaa et avec la participation des ministères de l’Intérieur et de la Santé, ainsi que d’institutions internationales et de la société civile.
Dans un tweet sur la plateforme « X », le président al-Charaa a affirmé que la lutte contre les stupéfiants constitue un programme national dans lequel les efforts des institutions de l’État et de la société se complètent.
Il a précisé que la Syrie avait hérité de l’ancienne période d’un lourd passif lié à la production et au trafic de stupéfiants, faisant de la lutte globale contre ce fléau l’une des priorités de l’État, afin d’en tarir les sources, de bloquer les routes de contrebande et d’en traiter les conséquences.
« La Syrie tendait la main aux pays de la région et du monde afin de bâtir un partenariat efficace pour faire face à cette menace transfrontalière et protéger les sociétés et les familles des poisons et des ravages des stupéfiants », a-t-il assuré.
La campagne vise à combiner, d’une part, le démantèlement des réseaux de production, de trafic et de distribution et, d’autre part, les actions de prévention, de traitement et de réadaptation, dans le but de transformer la lutte contre les stupéfiants d’une bataille sécuritaire ponctuelle en une politique nationale de long terme.
De la lutte contre le terrorisme à la coupure des routes de trafic d’armes
Parallèlement, les services syriens s’emploient à empêcher l’utilisation du territoire et des frontières syriennes comme voie de transit pour le transfert d’armes vers des réseaux et des milices armés, au premier rang desquelles la milice terroriste du Hezbollah.
Le 8 de ce mois, les forces de sécurité intérieure dans le gouvernorat de Tartous, en coopération avec les services de renseignement général, ont déjoué une tentative de contrebande d’une cargaison d’armes et de munitions destinée au territoire libanais, dans le cadre d’une opération sécuritaire conjointe.
Le mois dernier, le ministère de l’Intérieur avait également annoncé que les unités compétentes avaient déjoué une tentative de contrebande d’une importante cargaison d’armes sophistiquées à la frontière syro-irakienne, en la saisissant avant son accès sur le territoire syrien.
Le ministère avait affirmé que la protection des frontières et la préservation de la souveraineté nationale constituaient des priorités sur lesquelles aucun compromis ne serait accepté, soulignant qu’il ne permettrait pas que le territoire syrien soit utilisé comme voie de passage ou comme point de départ pour le trafic d’armes ou pour toute activité menaçant la sécurité de la République arabe syrienne ou celle des pays voisins.
Du démantèlement des cellules de Daech et de l’arrestation d’environ 1 300 de ses éléments, à l’avortement de plans terroristes et à la saisie de cargaisons d’armes et de drones, en passant par la poursuite des réseaux de trafic de stupéfiants, la Syrie consolide ainsi un nouveau rôle sécuritaire qui dépasse la seule protection de son territoire pour contribuer à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ainsi qu’au renforcement de la sécurité de la région et du monde.
André Chatta