La Haye, (SANA) Le Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a adopté ce jeudi, par consensus, le projet de résolution portant sur le rétablissement des droits et privilèges de la République arabe syrienne au titre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, dans une démarche qui reflète un large soutien à la Syrie et à ses efforts pour traiter l’héritage du programme chimique du régime déchu.
Un soutien international sans précédent à la Syrie
La résolution, soumise par l’État du Qatar avec le soutien diplomatique de son ambassade à La Haye, a été coparrainée par 66 États membres issus de différents groupes géographiques, soit le plus grand nombre de parrains pour un projet de résolution dans l’histoire de l’OIAC, avant d’être adoptée par consensus par l’ensemble des membres du Conseil exécutif.
Des progrès reconnus dans la coopération avec l’OIAC
Cette résolution repose sur les progrès réalisés par la Syrie dans sa coopération avec le Secrétariat technique de l’Organisation, notamment en facilitant les actions de vérification et d’inspection, en participant aux enquêtes, en recherchant les suspects ainsi qu’en localisant les vestiges du programme chimique du régime déchu.
Elle souligne également la poursuite de cette coopération, l’achèvement des procédures de vérification et le respect des obligations prévues par la Convention.
Katoub : un pas vers la justice et la réintégration internationale
Dans une déclaration à SANA, le chef de la mission permanente de la Syrie auprès de l’OIAC, l’ambassadeur Mohammad Katoub, a affirmé : « Le rétablissement des droits et privilèges de la Syrie, accueilli avec un tel soutien et adopté par consensus par tous les membres du Conseil exécutif, constitue un signe de bienvenue pour le retour de la Syrie en tant qu’acteur à part entière de la communauté internationale. C’est également un message adressé aux victimes des armes chimiques, afin qu’elles retrouvent les droits de leur État, suspendus en raison de l’utilisation de ces armes par le régime déchu contre elles ».
« La Syrie œuvre avec détermination à éliminer l’héritage du programme chimique du régime déchu dans le cadre de la reprise du pays après des années de guerre et des décennies de dictature. Cela comprend également la poursuite des responsables en justice, le renforcement de la législation nationale, le développement des capacités institutionnelles et le traitement des conséquences à long terme de ce programme sur les plans humain, environnemental et économique », a-t-il dit.
Katoub a souligné que cette approche globale constitue la seule garantie contre toute répétition de ces crimes et permet de rendre justice aux victimes de plus de deux cents attaques chimiques perpétrées contre le peuple syrien sous le régime déchu, notamment celles de la Ghouta orientale, d’Al-Latamné, de Kafr Zita, de Khan Cheikhoun, de Khattab, de Mare’ ainsi que de Douma, dont les victimes ont longtemps souffert du déni de ces crimes ».
Dans son intervention devant le Conseil exécutif, l’ambassadeur a précisé que la Syrie était passée d’une phase consistant à répondre aux demandes d’inspection et aux exigences de déploiement, à une nouvelle étape où les équipes nationales syriennes dirigent elles-mêmes les enquêtes sur les suspects, les opérations de recherche, d’évaluation et de planification visant à localiser et éliminer les vestiges du programme chimique du régime déchu, tout en poursuivant les responsables.
Il a également exprimé la reconnaissance de la Syrie envers les États membres ayant coparrainé le projet de résolution, soulignant que leur nombre élevé constituait un message clair montrant que la Syrie n’était pas seule face à l’héritage du programme chimique du régime déchu.
Katoub a enfin remercié l’État du Qatar, ainsi que son ambassadeur Mutlaq Al-Qahtani, pour les efforts déployés au cours de la période écoulée afin de représenter les intérêts de la Syrie, de soutenir ce processus et de soumettre le projet de résolution.
Une étape décisive dans le traitement de l’héritage du programme chimique
L’adoption par consensus de cette résolution marque une étape décisive dans le processus de rétablissement des droits et privilèges de la Syrie au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Elle confirme également le soutien de la communauté internationale aux efforts déployés par la Syrie pour remplir ses engagements, renforcer sa coopération avec l’Organisation et traiter l’héritage de l’utilisation des armes chimiques durant la période du régime déchu.
A.Ch.