Damas, (SANA) – Le Bureau de coopération suisse en Syrie, chargé de la mise en œuvre de projets de développement et d’aide humanitaire, a été inauguré mercredi à Damas, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés.
Qutaiba Qadish, directeur du département de la coopération internationale au ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, a déclaré aux journalistes que l’ouverture de ce bureau constitue une étape importante dans le processus de redressement et de reconstruction de la Syrie.
Il a expliqué que le bureau existait déjà et menait des activités humanitaires ainsi que des projets d’urgence, mais qu’il était désormais passé du statut de bureau humanitaire relevant de la Direction suisse du développement et de la coopération à celui de bureau officiel de coopération établi à Damas.
Qadish a souligné que le bureau ne limiterait pas ses activités au domaine humanitaire, mais qu’il mettrait également en œuvre des projets de développement et des programmes de soutien technique direct, précisant qu’il travaillerait en coordination avec le gouvernement syrien et assurerait, à travers sa présence, une représentation politique de l’État suisse.
Il a expliqué que l’ouverture de ce bureau constitue l’un des résultats de l’action politique et diplomatique syrienne menée auprès des capitales du monde, soulignant l’existence d’une forte volonté internationale à l’égard de la Syrie ainsi qu’un soutien à ses institutions, à sa stabilité et à son redressement.
Qadish a ajouté que la Syrie dispose désormais d’institutions porteuses d’une vision claire et d’un plan global de redressement visant les institutions et les différents secteurs de l’État syrien affectés par les 14 années de guerre menées par le régime déchu contre le peuple syrien.
Il a également estimé que la présence de nombreux ambassadeurs et représentants de pays lors de l’ouverture du bureau reflète un soutien important à la Syrie, ajoutant que cette initiative devrait aboutir, dans les prochains mois, à des projets financés par la Suisse, actuellement en discussion avec le Département de la coopération internationale.
Volonté de nouer un partenariat avec le gouvernement syrien
Pour sa part, la directrice générale de la Direction du développement et de la coopération suisse, Patricia Danzi, a déclaré à SANA que la transformation du bureau humanitaire en bureau de coopération constitue une prise de position politique de la part des autorités suisses, reflétant leur volonté de nouer un partenariat avec le gouvernement syrien à travers les institutions syriennes, conformément aux plans et priorités définis par ce dernier, ainsi qu’avec les pays partenaires et amis de la Syrie.
Elle a également indiqué que plusieurs domaines de coopération avaient été identifiés, en accord avec les priorités du gouvernement syrien.
Danzi a souligné que le premier axe d’intervention concerne le soutien humanitaire, les services essentiels et les infrastructures liées à l’eau, comme l’une priorité sur laquelle la Suisse travaille avec ses partenaires.
Elle a précisé que le deuxième axe porte sur le développement économique, à travers l’accompagnement des personnes ayant tout perdu et souhaitant, après leur retour chez elles, créer une activité commerciale ou obtenir un prêt. Elle a ajouté que des projets avaient été mis en œuvre avec des partenaires afin de leur permettre de lancer une entreprise, de créer des emplois et de préserver leur dignité ainsi que celle de leurs familles.
Danzi a souligné que le troisième pilier de la coopération concerne la paix et la gouvernance, ainsi que les dossiers liés à la justice transitionnelle et aux personnes disparues. Elle a indiqué que ce domaine représente un axe dans lequel la Suisse pourrait jouer un rôle de pont et contribuer à rassembler la société, alors que certaines blessures demeurent encore ouvertes et invisibles.
De son côté, le chef par intérim de la délégation de l’Union européenne en Syrie, Michael Ohnmacht a affirmé que l’ouverture du Bureau de coopération suisse en Syrie constitue une étape importante. Il a souligné que, bien que la Suisse ne soit pas membre de l’Union européenne, elle partage avec cette dernière des objectifs communs concernant la Syrie.
Selon lui, le passage de l’aide humanitaire à la reconstruction rapide, à la coopération et aux investissements reflète une évolution politique dans les relations entre les pays européens et la Syrie.
Ohnmacht a expliqué que la Syrie avait besoin de toutes les formes de coopération et que toutes les parties devaient contribuer à cet effort. Il a souligné que la Suisse avait été un partenaire ayant apporté une aide humanitaire au peuple syrien durant les périodes difficiles, estimant que le moment était venu de coordonner les efforts entre l’État syrien, ses institutions et les pays concernés afin de réaliser des avancées économiques et sociales et de favoriser la croissance économique.
Vers des projets de coopération et de développement à long terme
Salwa Al-Mehdi, chargée de programme au Bureau de coopération suisse en Syrie, a expliqué que l’ouverture de ce bureau vise à financer et à mettre en œuvre des projets humanitaires et de développement en Syrie.
Elle a précisé que, durant la guerre, le bureau disposait déjà d’une présence humanitaire en Syrie et que des projets étaient menés dans l’ensemble des gouvernorats syriens, mais que leur gestion et leur mise en œuvre étaient assurées depuis plusieurs bureaux de représentation situés en Turquie, à Amman, à Beyrouth et à Damas.
Al-Mahdi a expliqué que la mise en œuvre et le financement des projets seraient désormais directement gérés depuis la Syrie, soulignant que la nature de la coopération entre les gouvernements suisse et syrien évoluerait également. Elle a indiqué qu’après avoir été principalement axée sur l’aide humanitaire d’urgence, cette coopération s’orienterait désormais vers des projets de développement et d’aide humanitaire à long terme.
Elle a souligné l’existence de nombreux projets et partenaires sur le terrain, précisant que l’expérience acquise dans le domaine humanitaire serait mise à profit pour élaborer des projets durables, notamment un projet conjoint avec le Programme des Nations unies à Alep et dans la région rurale de Damas, ainsi qu’un projet dont l’accord a été signé avec l’Agence allemande pour la formation professionnelle.
a.h/rb