Vienne, (SANA) La délégation de la République arabe syrienne a organisé un événement de haut niveau en marge des travaux de la69e session de la Commission des stupéfiants (CND), en coopération avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), au Centre international de Vienne.
L’événement, intitulé « Les efforts de la République arabe syrienne dans la lutte contre les stupéfiants après la libération », a réuni des responsables syriens et des experts internationaux.
Le discours d’ouverture a été prononcée par John Brandolino, directeur exécutif par intérim de l’ONUDC, tandis que le débat a été géré par Cristina Albertin, représentante régionale de l’ONUDC pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Au cours de l’événement, les responsables syriens ont présenté l’approche nationale adoptée dans la phase post‑libération pour lutter contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, en particulier le captagon, ainsi que les mesures prises pour démanteler les réseaux de trafic, fermer et poursuivre les ateliers de fabrication illégale et renforcer les capacités des services chargés de l’application de la loi.
Le vice‑ministre de l’Intérieur, le général Abdel‑Qader Tahhan, a affirmé, dans l’allocution de la République arabe syrienne, que le 8 décembre 2024 a constitué un tournant majeur dans l’histoire du pays.
« Il ne s’agissait pas seulement d’un changement politique, mais de la fermeture d’une page où les stupéfiants avaient été employés pour bâtir une économie illicite transformant la Syrie, à une période antérieure, en plateforme de production et d’exportation du captagon, ce qui a affecté la sécurité et la stabilité de la région », a-t-il dit.
Tahhan a précisé que ce que la communauté internationale avait qualifié « d’empire du captagon » n’était pas une activité criminelle isolée, mais une structure transfrontalière dotée d’une organisation industrielle et financière complète. soulignant que la Syrie est entrée aujourd’hui dans une nouvelle phase fondée sur la consolidation de l’État de droit.
Il a fait noter que l’État syrien a traité le dossier des stupéfiants comme une priorité souveraine et un enjeu de sécurité nationale et lancé une campagne globale visant à démanteler l’économie de la drogue, assécher ses sources et poursuivre les réseaux de trafic à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Il a assuré que les autorités compétentes ont réussi, en peu de temps, à démanteler de nombreux réseaux, détruire des centres de fabrication illégale et couper les voies d’approvisionnement.
Tahhan a affirmé l’engagement de la Syrie à poursuivre ses efforts dans la lutte contre les stupéfiants et sa pleine ouverture à une coopération constructive avec la communauté internationale, l’ONUDC et les partenaires régionaux et internationaux, sur la base de la transparence, de la responsabilité partagée et du respect de la souveraineté nationale.
Le vice‑ministre a insisté sur le fait que la lutte contre les stupéfiants en Syrie constitue une approche d’État et une volonté institutionnelle reposant sur des engagements internationaux, nationaux, éthiques et humanitaires, précisant que faire face à ce phénomène est une responsabilité collective nécessitant une coopération internationale efficace.
Pour sa part, Saad Baroud, directeur du Département des organisations et conférences internationales au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, a affirmé que le gouvernement syrien considère la lutte contre les stupéfiants comme une priorité souveraine, compte tenu de la menace directe que ce phénomène constitue sur la sécurité de la société syrienne et la stabilité de la région.
Il a fait savoir que la réussite totale dans la lutte contre les drogues de synthèse exige un véritable partenariat international, vu que les réseaux criminels organisés sont transfrontaliers.
Baroud a indiqué que la Syrie adopte une politique ouverte fondée sur la transparence et la coopération avec les États et les organisations internationales, affirmant son engagement total envers le système international de contrôle des stupéfiants et les trois conventions internationales pertinentes, ainsi que son soutien aux efforts de la CND et de l’ONUDC.
Il a également appelé à renforcer les mécanismes de coopération internationale et à permettre aux institutions syriennes d’accéder pleinement aux canaux de coordination dans la lutte contre la criminalité organisée, y compris la coopération avec Interpol, afin d’empêcher toute exploitation de failles par les réseaux de trafic.
De son côté, le directeur de la Direction de lutte contre les stupéfiants, le général Khaled Eid, a présenté les résultats des efforts sécuritaires dans la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, évoquant la saisie de grandes quantités de substances illicites, dont environ 635 millions de comprimés de captagon, 11,2 tonnes de haschisch, 71,7 kg de crystal meth, 156 kg de cocaïne et 6 kg d’héroïne, en plus de 40 tonnes de précurseurs liquides et 161 tonnes de matières premières utilisées dans la fabrication des stupéfiants.
Eid a ajouté que les efforts sécuritaires ont également permis de démanteler 27 réseaux internationaux de trafic liés à l’ancien régime, parallèlement au renforcement de la coordination régionale et internationale dans la lutte contre le trafic illicite, en coopération avec l’ONUDC et Interpol.
Le représentant syrien a clôturé l’événement en réaffirmant l’importance du rôle que joue la Syrie dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales, soulignant qu’elle ne constituera plus une source d’inquiétude ou de menace pour les pays voisins, mais un partenaire actif dans la lutte contre les défis communs, au premier rang desquels figurent la lutte contre les stupéfiants et les crimes.
R.S./L.Arfi