Antalya, (SANA) Le président Ahmad Al‑Charaa a souligné que la région traverse aujourd’hui des conditions particulièrement difficiles, nécessitant des solutions exceptionnelles. Il a affirmé que la Syrie assume pleinement ses responsabilités et affronte les défis grâce à la détermination de son peuple et au soutien des pays amis.
Revenant sur les tensions régionales, il a rappelé que les conflits actuels ne sont pas nouveaux, leurs racines étant profondément ancrées dans l’histoire. La Syrie, a‑t‑il expliqué, refuse toute logique d’alignement d’un pays contre un autre et cherche au contraire à jouer un rôle de pont entre les grandes puissances. Il a mis en avant les relations « exemplaires » que Damas entretient aujourd’hui avec les États‑Unis, la Russie, la Chine, le Royaume‑Uni, la France, l’Allemagne et plusieurs pays de la région.
Le président a également affirmé que la Syrie écrit « une nouvelle page de son histoire », passant d’un rôle de terrain de conflits à une opportunité majeure pour l’investissement durable.
Évoquant les années précédentes, il a rappelé que la Syrie avait été exposée à des agressions de la part de l’Iran, qui soutenait alors le régime déchu contre le peuple syrien. Malgré cela, Damas n’a pas pris part à la confrontation entre l’Iran, les États‑Unis et Israël. Avant la guerre, la Syrie avait œuvré pour empêcher son déclenchement, estimant qu’elle aurait entraîné des conséquences graves pour la région.
Le président Al‑Charaa a réaffirmé l’engagement de la Syrie en faveur de la stabilité régionale, privilégiant le dialogue et la diplomatie pour résoudre les crises, loin des conflits et des affrontements.
Il a salué les efforts du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre au Liban, exprimant l’espoir d’entrer dans une nouvelle phase de correction des trajectoires régionales afin d’éviter la répétition des guerres.
Revenant sur les souffrances du peuple syrien, il a rappelé les années de déplacement, les attaques à l’arme chimique et l’ampleur des destructions. Selon lui, préserver la Syrie de toute nouvelle implication dans un conflit constitue aujourd’hui « la voie naturelle et juste ».
Concernant le Golan syrien occupé, il a affirmé que la reconnaissance par un État quelconque d’un droit d’Israël sur ce territoire est « nulle et non avenue », rappelant que la communauté internationale considère le Golan comme un territoire syrien occupé.
« Israël viole l’accord de désengagement de 1974 et la Syrie travaille à un accord sécuritaire garantissant le retrait israélien des zones occupées après la chute du régime déchu le 8 décembre 2024, ainsi que le retour aux lignes de 1974 » a-t-il le président.
Il a évoqué la possibilité soit de réactiver l’accord de désengagement, soit d’en conclure un nouveau garantissant la sécurité des deux parties. Si un accord est atteint, Damas pourrait s’engager dans des négociations de longue durée pour résoudre la question du Golan.
Le président Al‑Charaa a également indiqué que la Syrie œuvre à la mise en œuvre de l’accord d’intégration des FDS au sein des institutions de l’État. Il a souligné que toutes les parties soutiennent l’unité et la stabilité du territoire syrien, précisant que le nord‑est du pays est aujourd’hui exempt de toute base étrangère.
Sur le plan économique, il a expliqué que la Syrie a adopté une approche de reconstruction fondée sur la promotion de l’investissement. Le pays cherche à compter d’abord sur ses propres capacités, et si des aides internationales sont reçues, elles ne doivent être ni politisées ni conditionnées.
Enfin, il a affirmé que la Syrie est passée d’un état de conflit à un environnement sûr et stable, constituant une opportunité d’investissement. Il a ajouté que le pays a contribué à préserver la région en empêchant l’expansion de certains acteurs régionaux ou l’utilisation du territoire syrien comme plateforme pour lancer des attaques et déstabiliser la région.
Le président Al‑Charaa a affirmé que la Syrie est aujourd’hui plus stable et plus sûre, attirant l’attention du monde, notamment en ce qui concerne la sécurité des chaînes d’approvisionnement entre l’Est et l’Ouest ainsi que les flux énergétiques.
Il a indiqué que la Syrie a commencé à exporter certaines cargaisons de pétrole irakien, tandis que de nombreux pays envisagent désormais un raccordement régional pour exporter leurs produits via le territoire syrien. Il a également rappelé le projet des « quatre mers » évoqué récemment, soulignant que la position actuelle de la Syrie en fait une plateforme pratique et attractive pour l’investissement.
Selon lui, la communauté internationale comprend l’importance de saisir le moment historique que traverse la Syrie. Cette prise de conscience se traduit par une volonté croissante de renforcer les relations avec Damas, dans l’intérêt de la stabilité régionale et mondiale, tant sur le plan économique que sécuritaire.
Le président Al‑Charaa a également mis en avant la position stratégique de la Syrie, reliant l’Est et l’Ouest. Historiquement intégrée à la route de la soie, la Syrie est aussi un pays agricole doté de ressources humaines et de compétences variées. Cela en fait non seulement un point de passage essentiel pour les chaînes d’approvisionnement énergétique, mais aussi une plateforme d’investissement importante dans divers secteurs.
Enfin, il a rappelé que la Syrie a toujours été, à travers l’histoire, un symbole de coexistence pacifique. Aujourd’hui, elle retrouve sa gloire et sa civilisation, et œuvre à dépasser les divisions, les crises et l’isolement qu’elle a connus en raison des politiques du régime déchu.
M.Ch.