Washington, (SANA) Une étude menée par des chercheurs de l’Université Tufts, aux États-Unis, montre qu’une consommation accrue de poisson n’est pas nécessairement associée à une diminution du risque de développer la maladie d’Alzheimer à long terme, malgré les bienfaits reconnus du poisson pour la santé, notamment des poissons gras riches en oméga-3. Le site médical Medical Xpress a rapporté jeudi les résultats de cette étude.
Une étude menée sur plus de 2 000 adultes pendant 21 ans
L’étude s’appuie sur les données de 2 012 adultes en bonne santé cognitive, suivis pendant 21 ans. Les chercheurs ont utilisé une méthode statistique appelée « simulation d’expérience ciblée » afin d’estimer l’impact de différents modes de consommation de poisson, selon une approche comparable à celle des essais cliniques.
Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve concluante qu’une consommation accrue de poisson entraîne une réduction significative du risque de maladie d’Alzheimer à long terme. Les différences de risque étaient également limitées entre les différents niveaux de consommation de poisson, y compris chez les personnes ayant remplacé la viande par du poisson.
Des résultats qui remettent en question certaines études antérieures
Les chercheurs ont expliqué que ces résultats diffèrent de ceux de certaines études observationnelles antérieures, qui avaient établi un lien entre la consommation de poisson et une réduction du risque de maladie d’Alzheimer.
Selon eux, ces études pourraient être influencées par d’autres facteurs. Les personnes qui consomment régulièrement du poisson ont souvent une alimentation plus saine, pratiquent davantage d’activité physique ou adoptent un mode de vie globalement différent.
Le poisson reste bénéfique pour la santé
Les chercheurs ont souligné que ces résultats ne signifient pas que la consommation de poisson est mauvaise pour la santé. Le poisson demeure une source importante de protéines, d’acides gras oméga-3 et d’autres nutriments essentiels et peut parfaitement s’intégrer à une alimentation équilibrée.
Toutefois, les données actuelles ne permettent pas de considérer la consommation de poisson comme un moyen fiable de prévenir la maladie d’Alzheimer.
De nouvelles recherches nécessaires
Les chercheurs ont insisté sur la difficulté de mener un essai clinique sur plusieurs décennies pour étudier l’effet de l’alimentation sur une maladie progressive comme la maladie d’Alzheimer. La simulation d’une expérience ciblée leur a ainsi permis d’exploiter des données recueillies sur le long terme tout en réduisant certains biais associés aux études observationnelles.
Ils ont estimé que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si certains facteurs, comme le moment de la consommation d’acides gras oméga-3, l’âge ou les variations génétiques, notamment celles liées au gène ApoE, peuvent modifier la relation entre l’alimentation et la santé cérébrale. Ces travaux pourraient contribuer à l’élaboration de recommandations nutritionnelles plus précises à l’avenir.
La maladie d’Alzheimer est une affection neurologique progressive qui touche le cerveau et constitue la cause la plus fréquente de démence. Avec le temps, elle entraîne un déclin de la mémoire et des capacités cognitives et peut affecter la pensée, le langage ainsi que la capacité à accomplir les tâches quotidiennes.
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