Capitales, (SANA) Alors que la crise du détroit d’Ormuz se déplace progressivement du terrain militaire vers la table des négociations, les initiatives diplomatiques s’intensifient afin de trouver une formule garantissant la sécurité de la navigation et empêchant une nouvelle escalade. Dans le même temps, les menaces réciproques entre les États-Unis et l’Iran continuent de peser sur les perspectives d’un accord.
Au cœur de ces efforts figure une proposition omanaise visant à gérer le détroit selon un mécanisme régional inspiré du modèle du détroit de Malacca. Parallèlement, le président américain Donald Trump continue de brandir l’option de la force en cas d’échec des négociations, maintenant ainsi les marchés mondiaux de l’énergie et du transport maritime dans l’attente des résultats des contacts diplomatiques en cours.
Trump réitère ses menaces
Le président américain Donald Trump a de nouveau menacé, ce mardi, de reprendre les frappes contre l’Iran si aucun accord n’était conclu. Dans une interview accordée à la chaîne Fox News, il a affirmé que les États-Unis étaient capables de détruire en peu de temps les ponts et les centrales électriques iraniennes. Il a toutefois précisé qu’il préférait éviter de prendre pour cibler les usines de traitement des eaux usées afin de ne pas nuire aux populations civiles.
Il a également souligné que Washington menait de « bonnes discussions » avec Téhéran, tout en avertissant que les négociations ne bénéficieraient pas d’un délai illimité en cas d’impasse, réaffirmant que l’option militaire resterait sur la table.
Une initiative omanaise
Parallèlement aux menaces américaines, une initiative diplomatique menée par le Sultanat d’Oman a émergé. Selon Reuters, citant une source du Golfe, Mascate a présenté à Téhéran une proposition visant à créer un mécanisme régional commun de gestion du détroit d’Ormuz, fondé sur des contributions et des redevances volontaires, afin de garantir la sécurité de la navigation sans accorder à une seule partie un contrôle exclusif sur le détroit.
L’agence ajoute que cette proposition bénéficie d’un soutien régional et s’inspire du modèle de gestion du détroit de Malacca. Elle prévoit également la création d’un fonds destiné au financement des services de sécurité maritime, de la protection de l’environnement ainsi que des opérations de recherche et de sauvetage, dans le but de surmonter les différends qui entravent la fin du conflit.
Le modèle du détroit de Malacca
L’initiative omanaise s’appuie sur une expérience déjà éprouvée dans la gestion des voies maritimes, faisant du modèle du détroit de Malacca une référence pour l’administration du détroit d’Ormuz.
Selon le quotidien émirati Al Bayan, ce modèle ne repose ni sur l’imposition de droits de passage obligatoires ni sur la création d’une autorité internationale chargée d’administrer le détroit. Il s’appuie plutôt sur la coopération entre les trois États côtiers — l’Indonésie, la Malaisie et Singapour — pour organiser la navigation, entretenir les aides à la navigation et lutter contre la pollution, grâce à des contributions financières volontaires des États utilisateurs et des compagnies maritimes, tout en préservant la liberté de navigation conformément au droit international de la mer. C’est ce modèle qui inspire la proposition omanaise concernant le détroit d’Ormuz.
Les pertes de l’Iran s’aggravent
De son côté, l’Iran a dévoilé une partie des pertes économiques causées par la guerre menée par les États-Unis et Israël. Les autorités iraniennes ont annoncé une perte de capacité de production d’environ 230 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour, ainsi que d’importants dégâts subis par des installations pétrolières, des infrastructures, des ponts et des aéroports.
Les autorités poursuivent actuellement les travaux de réparation et de réhabilitation des infrastructures endommagées, illustrant le coût économique croissant de ce conflit.
Repli des marchés pétroliers
Sur les marchés, les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse à mesure que grandissaient les espoirs d’une issue diplomatique. Le Brent est passé sous la barre des 86 dollars le baril, tandis que le pétrole brut américain est tombé aux alentours de 81 dollars, après avoir déjà enregistré une forte baisse lors de la séance précédente à la suite de l’arrêt des frappes militaires.
Des analystes cités par Reuters ont toutefois mis en garde que tout échec des négociations ou toute reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz ou en mer Rouge pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix.
Les négociations sous haute surveillance
Entre la poursuite des menaces américaines et les efforts diplomatiques menés par le Sultanat d’Oman avec le soutien de plusieurs pays de la région, la crise du détroit d’Ormuz semble entrer dans une phase décisive susceptible de déterminer son évolution dans les prochains jours.
Le succès de l’initiative omanaise pourrait ouvrir la voie à de nouveaux mécanismes garantissant la sécurité de la navigation et la stabilité des marchés énergétiques. À l’inverse, un échec des négociations pourrait raviver les tensions, faisant du calme actuel davantage une opportunité politique nécessitant des compromis qu’une véritable fin de la crise.
R.Kh. / A.Ch.