Al-Qods occupée, (SANA) Une photographie publiée par le journaliste palestinien Mujahid Bani Mufleh après sa libération d’une prison israélienne a suscité une large réaction sur les réseaux sociaux, en montrant des séquelles physiques visibles, dont des dommages à une partie du crâne, qu’il attribue au traitement reçu durant ses quatorze mois de détention.
Originaire de la localité de Beita, au sud de Naplouse, Bani Mufleh a publié l’image sur son compte Instagram, accompagnée d’un long témoignage sur son expérience en prison et sur le long processus de rééducation médicale qu’il a dû suivre après sa libération.
Selon son récit, il a été arrêté après que des forces israéliennes ont pris d’assaut son domicile à la fin juin 2025, avant d’être transféré à la prison de Menashe, située dans le complexe militaire de Salem, au nord de la Cisjordanie occupée.
Dans le texte accompagnant la photographie, le journaliste décrit les conditions qu’il affirme avoir vécues durant son incarcération, marquées par la faim, la perte d’autonomie et la dégradation physique.
« Quatorze mois en prison et le long processus de rééducation qui a suivi ont suffi à me changer pour toujours », a écrit Bani Mufleh, affirmant avoir compris durant cette période « le véritable sens de la faim », en se couchant et en se réveillant avec la douleur provoquée par le manque de nourriture, et comment « une simple miche de pain peut devenir un rêve ».
Il a également affirmé avoir perdu le contrôle sur les aspects les plus élémentaires de la vie quotidienne. « J’ai appris le sens de l’humiliation lorsque d’autres contrôlent les détails de ta vie : quand tu manges, quand tu dors, quand tu te lèves », a‑t‑il indiqué.

Le journaliste a ajouté qu’après sa libération, le processus de récupération physique a été marqué par la difficulté à accomplir des tâches élémentaires. « Se lever du lit est devenu une bataille, un seul pas un accomplissement », a‑t‑il écrit, affirmant que cette expérience lui a fait apprécier des gestes quotidiens comme marcher, dormir sans douleur ou manger à satiété.
La publication a provoqué une vague de réactions parmi des journalistes, des activistes et des utilisateurs des réseaux sociaux, qui ont comparé d’anciennes photos du reporter à son apparence actuelle et dénoncé la dégradation physique qu’il présente après son incarcération.
Plusieurs internautes ont qualifié l’image de témoignage du vécu des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, soulignant qu’elle reflète les conséquences physiques et psychologiques de la détention.
Les autorités israéliennes ne se sont pas exprimées pour l’heure sur les affirmations de Bani Mufleh, ni sur les circonstances de sa détention ou son état de santé durant son incarcération.
Des organisations internationales de défense des droits humains ont dénoncé à plusieurs reprises de présumés mauvais traitements infligés à des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, tandis qu’Israël affirme que ses établissements fonctionnent conformément à la législation en vigueur et qu’il enquête sur les accusations d’abus lorsqu’il existe des preuves.
mch