Damas, (SANA) Le monde célèbre le 20 juin de chaque année, la Journée mondiale des réfugiés, qui est une occasion internationale pour mettre en lumière sur le sort tragique de millions de personnes contraintes de fuir leurs foyers en raison des guerres, des conflits et des persécutions, et réaffirmer leur droit à la protection, à une vie digne et au retour en toute sécurité dans leur pays d’origine lorsque les conditions le permettent.
Les Nations Unies ont consacré cette journée pour honorer la force et la résilience des réfugiés à travers le monde. Cette année, la célébration a pour slogan « Jusqu’à ce que chacun soit en sécurité », un message qui souligne que la protection des personnes déplacées et des réfugiés est une responsabilité collective, indissociable de la sécurité, de la stabilité et du développement dans de nombreux pays.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a adressé un message à cette occasion, où il affirmé que des millions de femmes, d’hommes et d’enfants continuent d’être contraints de chercher refuge loin de chez eux en raison des conflits et des crises en cours, ce qui rend nécessaire le renforcement de la solidarité internationale, la protection du droit d’asile et la recherche de solutions durables pour eux.
Plus de 117 millions de personnes déplacées de force dans le monde
Les dernières données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) démontrent que le nombre de personnes déplacées de force dans le monde a atteint environ 117,3 millions à la mi-2025, en raison des guerres, des violences et de diverses violations des droits humains. Ce chiffre comprend environ 42,5 millions de réfugiés et 67,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI), les enfants représentant près de 38 % de la population déplacée totale.
Malgré de la persistance des crises humanitaires dans plusieurs régions du monde, les données du HCR enregistrent la première baisse significative du nombre de personnes déplacées de force depuis plus de dix ans, avec une diminution d’environ 5,9 millions par rapport à fin 2024.
Le HCR attribue cette baisse à l’augmentation du taux de retour dans leur pays d’origine ayant connu une relative amélioration de leur situation.
La Syrie figure parmi les plus grands problèmes de réfugiés et de retour
La Syrie demeure l’une des crises de réfugiés et de déplacements les plus importantes au monde en raison de la guerre imposée par l’ancien régime, qui a entraîné le déplacement de millions de Syriens, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
Parallèlement, les données du HCR montrent des indicateurs significatifs d’un mouvement de retour croissant vers la Syrie au cours de l’année écoulée.
Près d’un million de personnes déplacées intérieurement sont retournées dans leurs régions d’origine entre janvier et juin 2025, tandis que plus de 526 000 réfugiés syriens sont rentrés de l’étranger pendant la même période. Le nombre total de personnes rentrées de l’étranger a ensuite atteint environ un million à la mi-septembre de la même année.
Les données du HCR ont également montré que la Syrie figurait parmi les sept pays qui représentaient la plus grande part des rapatriés et des réfugiés au cours du premier semestre 2025, avec le retour d’environ 1,5 million de personnes, y compris des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, ce qui témoigne de l’attachement des Syriens à leur patrie et de leur désir de reprendre une vie normale.
Réfugiés : entre protection, intégration et retour
La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, pierre angulaire du droit international des réfugiés, affirme le droit à la protection des personnes fuyant les persécutions et interdit leur renvoi forcé vers des lieux où elles risquent d’être en danger.
Elle leur garantit également des droits fondamentaux, notamment l’éducation, le travail, les soins de santé, l’assistance juridique et la liberté de circulation.
La Convention établit une distinction entre réfugiés et migrants, car un réfugié quitte son pays par nécessité pour préserver sa vie ou sa liberté, tandis qu’un migrant se déplace généralement pour des raisons économiques ou sociales, ce qui fait que la situation des réfugiés requiert une protection juridique spéciale en vertu du droit international.
Nouveaux défis
Les guerres ne sont plus la seule cause de déplacements de population.
Dans son rapport « Sans issue 2 : La voie à suivre », le HCR alerte sur le fait que le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes constituent un facteur supplémentaire poussant des millions de personnes à des déplacements répétés.
Le rapport indique que trois personnes déplacées sur quatre vivent actuellement dans des pays confrontés à des risques climatiques élevés ou extrêmes.
Par ailleurs, le monde a enregistré environ 250 millions de cas de déplacements internes liés aux catastrophes climatiques au cours de la dernière décennie.
Selon le rapport du HCR intitulé « Climat et déplacements de population 2025 », cette situation accroît la pression sur les communautés d’accueil et aggrave les besoins humanitaires des groupes les plus vulnérables.
Responsabilité internationale partagée
Alors que les pays à revenu faible et intermédiaire accueillent environ 68 % des réfugiés du monde, les Nations Unies soulignent que la résolution de la crise des réfugiés ne se limite pas à la fourniture d’aide humanitaire, mais exige de s’attaquer aux causes profondes des conflits, d’établir la stabilité et de soutenir les efforts de reconstruction et de développement, permettant ainsi aux réfugiés et aux personnes déplacées de retourner volontairement, en toute sécurité et avec dignité dans leur pays d’origine.
La Journée mondiale des réfugiés est l’occasion de renouveler l’engagement international en faveur de la protection des millions de personnes contraintes de quitter leur foyer, et de travailler à la création de conditions qui fassent du retour au pays une option viable et durable, car il s’agit de la solution la plus stable et la plus humaine à la tragédie du déplacement qui continue de toucher des millions de personnes dans le monde entier.
L.Arfi