Al-Qods occupée, (SANA) Le ministère palestinien de la Santé a mis en garde contre l’aggravation rapide de la crise des pénuries de médicaments, de produits pharmaceutiques et de fournitures de laboratoire, ainsi que d’équipements médicaux dans les territoires palestiniens occupés, expliquant que plus d’un tiers des médicaments figurant sur la liste des médicaments essentiels sont en rupture complet.
L’agence de presse palestinienne WAFA, citant le ministère a déclaré jeudi dans un communiqué de presse : « La vie de plus de 4 000 patients atteints de cancer et de milliers de patients sous dialyse rénale est menacée en raison d’une pénurie de médicaments. »
Le ministère a appelé la communauté internationale, l’ONU et les organisations humanitaires à intervenir d’urgence pour faire pression sur Israël afin qu’il débloque les recettes fiscales palestiniennes retenues et fournisse le soutien nécessaire au secteur de la santé palestinien, afin d’éviter l’effondrement des services de santé de base et les graves conséquences humanitaires que cela aurait sur la vie de milliers de patients, en particulier ceux atteints de maladies chroniques, de cancer, d’insuffisance rénale et d’affections critiques.
Le ministère a également demandé qu’Israël soit contraint de remplir ses responsabilités en vertu du droit international ainsi que les obligations et devoirs qu’il impose à une puissance occupante envers les populations occupées.
Pénurie de médicaments anticancéreux
Le ministère souligne que le blocage total, par l’occupation, des recettes fiscales palestiniennes (fonds de dédouanement) au cours des 15 derniers mois, qui constituent environ 68 % des recettes du ministère des Finances, a empêché les autorités palestiniennes de payer les entreprises pharmaceutiques, entraînant un ralentissement, voire un arrêt, de l’approvisionnement en médicaments et une grave pénurie de médicaments pour les maladies chroniques, le cancer et les soins intensifs.
Sur les 520 médicaments essentiels fournis par le ministère de la Santé, environ 180 étaient en rupture total. Concernant les médicaments anticancéreux, 50 des 97 médicaments fournis par le ministère étaient également en rupture total.
Pénurie de filtres de dialyse et de sutures chirurgicales
Les entrepôts centraux ont connu une grave pénurie de filtres de dialyse, qui sont un élément essentiel et indispensable des séances de dialyse, ainsi que de sutures chirurgicales, en particulier les types fins utilisés dans les opérations délicates, ce qui a affecté la disponibilité des salles d’opération.
Opérations chirurgicales reportées
Selon les données du ministère, environ 65 000 interventions chirurgicales majeures et mineures ont été pratiquées dans les hôpitaux publics en 2025, tandis que le nombre d’interventions pratiquées du début de 2026 jusqu’au premier de ce mois a atteint environ 19 500.
À l’inverse, le nombre d’opérations reportées ou non réalisées en raison de pénuries de consommables et de la grève a dépassé les 11 000, conséquence de la pénurie croissante de fournitures médicales et de matériel nécessaire aux opérations, sans compter les répercussions de la crise financière paralysante qui a pesé sur le fonctionnement des établissements de santé.
Le ministère a fait noter que la crise actuelle coïncide avec la catastrophe sanitaire et humanitaire qui sévit dans la bande de Gaza, où les établissements de santé sont confrontés à une grave pénurie de médicaments, de fournitures médicales, de carburant et d’équipements vitaux, en raison de la destruction généralisée des hôpitaux et des centres de santé lors de l’agression israélienne contre la bande de Gaza.
Le ministère a souligné que les besoins sanitaires dans la bande de Gaza augmentent à un rythme sans précédent, ce qui double la responsabilité qui pèse sur les institutions sanitaires palestiniennes et appelle à une action internationale urgente pour assurer l’acheminement des fournitures médicales et humanitaires de manière durable et sans entrave.
Appel urgent aux donateurs
Le ministère de la Santé a lancé un appel aux donateurs afin qu’ils fournissent d’urgence des médicaments vitaux, d’une valeur de cinquante millions de dollars, soit suffisamment pour un an, ainsi que 50 millions de dollars supplémentaires de médicaments essentiels, afin de continuer à assurer les services médicaux et de santé aux citoyens.
L.a.