Beyrouth, (SANA ) Le rythme de l’escalade militaire se poursuit au Sud-Liban, alors que l’armée d’occupation israélienne a annoncé l’élargissement de ses opérations terrestres vers de nouvelles zones au nord du fleuve Litani, parallèlement à des raids et bombardements intensifs visant plusieurs localités dans les gouvernorats de Nabatiyé et du Sud.
Cette situation s’accompagne d’avertissements croissants de l’ONU quant aux répercussions humanitaires du conflit sur les civils et les infrastructures, tandis que le Liban réaffirme son attachement aux efforts diplomatiques visant à consolider le cessez-le-feu.
Une vaste opération israélienne s’étend à de nouvelles zones
L’armée israélienne a annoncé aujourd’hui le lancement d’une opération militaire de grande envergure dans les hauteurs de chqaif et la région de Wadi al-Slouqi, au Sud-Liban, confirmant que ses forces avaient franchi le fleuve Litani et étendu leurs opérations à d’autres secteurs dans le cadre de ce qu’elle qualifie de « renforcement du contrôle opérationnel » dans le Sud.
Une porte‑parole de l’armée, citée par l’AFP, a indiqué que l’opération avait débuté il y a plusieurs jours avec la participation d’importantes unités terrestres sous le commandement de la 36e division et sous la supervision du renseignement militaire, précisant que les forces opéraient dans l’environnement de Nabatieh et se tenaient prêtes à élargir l’offensive si nécessaire.
L’armée a également annoncé avoir pris le contrôle du château stratégique de Chqaif, une avancée considérée comme l’une des plus profondes incursions israéliennes au Liban depuis le retrait en 2000.
Raids intensifs et destruction de maisons à Nabatieh et Marjayoun
Sur le terrain, les raids israéliens ont visé les localités d’Arnoun, Kfartabnit, Kfar Rummane, ainsi que la zone de Kfarjoz dans le district de Nabatiyé, en plus de la localité de Dibbine dans le district de Marjaayoune.
Des rapports de terrain ont également fait état de la poursuite des opérations de dynamitage de maisons à Dibbine, parallèlement à d’autres frappes ayant touché Deir El Zahrani, Arab Salim, Chaqra, Mayfadoun et plusieurs zones du Sud-Liban.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a qualifié cette escalade israélienne de « grave et sans précédent », estimant qu’Israël applique une politique de « terre brûlée » en détruisant villes, villages et infrastructures et en provoquant le déplacement des habitants, affirmant que cette politique ne lui apportera ni sécurité ni stabilité.
Pertes des deux côtés malgré la poursuite du cessez‑le‑feu
L’armée israélienne a annoncé la mort d’un soldat et la blessure de quatre autres dans les combats au Sud-Liban.
Des médias israéliens ont indiqué que le nombre de morts israéliens depuis l’entrée en vigueur du cessez‑le‑feu s’élève désormais à 13.
En prévision de lancements de missiles ou de drones depuis le territoire libanais, la Défense civile israélienne a, de son côté, déclenché des alertes dans le nord de la Palestine occupée par crainte de tirs de roquettes ou de drones depuis le Liban, alors que le Hezbollah poursuit ses attaques contre des positions et forces israéliennes, selon les déclarations des deux parties.
Ces développements interviennent malgré le maintien de l’accord de cessez‑le‑feu entré en vigueur en avril, dans un contexte d’accusations mutuelles de violations.
Avertissements onusiens concernant les déplacements forcés et la protection des civils
Le coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban, Imran Riza, a exprimé sa profonde inquiétude face à l’intensification des hostilités et aux conséquences des ordres d’évacuation visant de vastes zones du Sud.
Il a signalé des rapports faisant état de civils blessés alors qu’ils tentaient de quitter les zones concernées, ainsi que des difficultés rencontrées par les équipes de secours pour accéder aux blessés et aux personnes séquestrées sous les décombres en raison de la poursuite des bombardements.
Selon le ministère libanais de la Santé, les opérations militaires ont fait des dizaines de morts et de blessés ces derniers jours, dont des femmes et des enfants, tandis que le Sud connaît de nouveaux mouvements de déplacement avec l’élargissement des opérations militaires.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a, pour sa part, confirmé avoir observé une activité aérienne et terrestre intense de l’armée israélienne dans sa zone d’opérations, y compris des mouvements militaires au nord du Litani, réitérant son appel à garantir la liberté de mouvement de ses forces.
L’UNESCO a également exprimé son inquiétude quant aux dommages qu’avaient subis plusieurs sites archéologiques et culturels dans le Sud-Liban, condamnant les attaques visant des biens culturels protégés par les conventions internationales.
Le Liban réaffirme son attachement à la voie diplomatique
Sur le plan politique, le Premier minister libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban poursuivait ses efforts diplomatiques pour mettre fin aux hostilités, estimant que les négociations demeurent l’option la moins coûteuse pour protéger le pays et limiter les pertes humaines et matérielles.
Il a insisté sur la priorité d’un cessez‑le‑feu, du retrait total des forces israéliennes et du retour des habitants dans leurs localités, alors que les autorités libanaises multiplient les contacts politiques et diplomatiques pour contenir l’escalade et empêcher l’élargissement du conflit.
Ces démarches interviennent alors que les opérations militaires et les attaques réciproques se poursuivent, alimentant les craintes d’une aggravation de la crise humanitaire et d’une extension des destructions dans le Sud-Liban dans les prochains jours
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