Al-Qods occupée, (SANA) Médecins Sans Frontières (MSF) a été témoin d’une hausse alarmante des naissances prématurées et de la mortalité néonatale, en raison de la situation de famine provoquée dans la bande de Gaza pendant les phases les plus aiguës de la guerre, et notamment en 2025, par le siège et les restrictions imposés par Israël. MSF appelle les autorités israéliennes à autoriser l’entrée immédiate et sans entrave de l’aide humanitaire et des biens essentiels à Gaza, selon leurs obligations en tant que puissance occupante.
Dans son analyse, MSF établit un lien entre ces constats et le blocus israélien ainsi que les attaques contre les infrastructures civiles, y compris les établissements médicaux. «L’insécurité, les déplacements de population, les restrictions sur l’aide humanitaire et l’accès limité à la nourriture et aux soins médicaux ont eu des conséquences dévastatrices sur la santé maternelle et néonatale», affirme l’organisation dans un communiqué.
Malnutrition maternelle : un danger vital pour les nouveau-nés à Gaza
MSF a analysé les données recueillies auprès de 201 mères de nouveau-nés qui ont dû être pris en charge par les unités de soins intensifs néonatals des hôpitaux Al Nasser à Khan Younès, et Al Helou dans la ville de Gaza, entre juin 2025 et janvier 2026. Plus de la moitié des femmes ont souffert de malnutrition* à un moment donné de leur grossesse, et 25 % étaient encore en situation de malnutrition au moment de l’accouchement.
Le blocus et les attaques contre les infrastructures médicales pointés du doigt
MSF établit un lien entre ces résultats et le blocus israélien sur les biens essentiels, les attaques contre les infrastructures civiles et notamment médicales. « Israël a restreint l’entrée de denrées alimentaires, a militarisé l’aide humanitaire et sa distribution, et ciblé les infrastructures essentielles », affirme José Mas, responsable des urgences pour Médecins Sans frontières. « Ce sont autant de moyens utilisés pour affamer la population de Gaza et la contrôler. »
Entre octobre 2024 et décembre 2025, les équipes de MSF ont admis 513 nourrissons de moins de six mois dans les programmes de nutrition des centres de santé d’Al Mawasi et d’Al Attar à Khan Younès. Parmi les enfants admis, 91 % présentaient un risque de retard de croissance et de développement.
Parmi plus de 200 mères et nouveau-nés pris en charge dans les unités de soins intensifs néonatals des hôpitaux de Khan Younes (sud) et de la ville de Gaza entre juin 2025 et janvier 2026, plus de la moitié des femmes ont souffert de malnutrition à un moment ou à un autre de leur grossesse, et un quart d’entre elles demeuraient en situation de malnutrition au moment de l’accouchement.
En conséquence, 90 % des bébés concernés étaient prématurés et 84 % présentaient un faible poids à la naissance, selon l’analyse. Et «la mortalité néonatale était deux fois plus élevée chez les nourrissons nés de mères souffrant de malnutrition que chez ceux nés de mères ne souffrant pas de malnutrition», relève MSF. L’ONG humanitaire a également examiné les données concernant 513 nourrissons de moins de six mois admis dans des programmes de nutrition thérapeutique ambulatoires à Khan Younès, entre octobre 2024 et décembre 2025 : parmi eux, «91 % présentaient un risque de retard de croissance et de développement».
Une situation de famine déclarée : une première au Moyen-Orient
Pour rappel, l’IPC (le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) estimait qu’entre le 16 octobre et le 30 novembre 2025, environ les trois quarts de la population de Gaza étaient confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Il avait par ailleurs déclaré une situation de famine en août, une première dans la région du Moyen-Orient.
L.S.