Capitales, (SANA) Avec la poursuite des opérations militaires et l’intensification des frappes sur les sites liés aux programmes nucléaire et balistique iraniens, la guerre américano-israélienne contre l’Iran entre dans une phase visant à établir davantage de faits sur le terrain avant d’envisager tout arrangement politique.
La Maison Blanche a confirmé que les opérations militaires se poursuivront jusqu’à ce que leurs objectifs soient atteints conformément aux plans établis, tandis que les contacts indirects avec Téhéran se poursuivent. Ceci témoigne de la volonté de Washington de gérer simultanément les volets militaire et politique dans un cadre unique pour ce conflit.
Dans ce contexte, le président Donald Trump a annoncé que les contacts avec l’Iran progressent, soulignant que les développements concernant les dossiers pétroliers et gaziers et le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz apportaient de nouveaux éclairages sur la nature des parties avec lesquelles Washington traite, suggérant ainsi que les canaux de communication restent ouverts malgré les opérations militaires en cours.
L’Administration américaine a également souligné que la pression militaire restera un élément clé de la gestion de la phase actuelle, alors que Washington continue de renforcer sa présence militaire dans la région et d’accroître le niveau de préparation de ses forces, parallèlement avec des efforts déployés pour explorer les possibilités d’accords intérimaires visant à limiter l’escalade de la confrontation et à maintenir la sécurité maritime et la stabilité des marchés de l’énergie.
Préparatifs pour de nouveaux scénarios
Sur le terrain, le Commandement central américain a annoncé avoir mené des frappes contre des milliers de cibles en Iran depuis le début des opérations, confirmant que des installations militaires, des centres de commandement et des usines de missiles et de drones avaient été visés.
Des médias américains ont également rapporté, citant des responsables, que Washington envisage de déployer des milliers de soldats de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient, ce qui coïnciderait avec l’arrivée d’unités supplémentaires du Corps des Marines. Il s’agit ainsi de l’un des plus importants renforcements militaires américains dans la région ces dernières années.
Évaluations israéliennes : Les opérations pourraient se poursuivre pendant des semaines
Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a annoncé que l’armée israélienne avait largué environ 15 000 bombes sur des cibles en Iran depuis le début des opérations, soit quatre fois plus que lors de la guerre de juin 2005.
Selon les évaluations israéliennes, les opérations militaires pourraient se poursuivre pendant encore deux à trois semaines, malgré les contacts politiques en cours, alors qu’Israël cherche à atteindre ses objectifs sur le terrain avant la finalisation de tout arrangement politique.
L’ultimatum israélien de 48 heures pour étendre sa zone de cibles coïncide avec un autre ultimatum américain de cinq jours concernant l’arrêt des attaques contre les installations énergétiques.
Sur le front libanais, les médias israéliens ont rapporté que le gouvernement envisage d’imposer une « zone tampon » s’étendant jusqu’au fleuve Litani et d’empêcher le retour des personnes déplacées dans certaines zones pendant cette phase, justifiant cette mesure par la nécessité d’empêcher le Hezbollah de redéployer ses forces.
En réponse, les milices ont confirmé la poursuite des affrontements, maintenant ainsi le front libanais dans le cycle d’escalade lié à la guerre et à son extension régionale.
4 391 attaques iraniennes contre les États du Golfe
Un décompte établi par le journal saoudien Asharq Al-Awsat sur les attaques de missiles et de drones iraniens depuis le début du conflit révèle qu’environ 83 % d’entre elles visaient des États arabes du Golfe, contre seulement 17 % visant Israël.
Selon les données officielles des pays ciblés, l’Iran avait lancé 4 391 missiles et drones sur les États du Golfe mercredi soir, ciblant des infrastructures vitales et des sites civils, tandis qu’Israël avait été visé par 930 missiles et drones.
Les Émirats arabes unis arrivent en tête de liste des pays ciblés avec 2 156 missiles et drones, suivis du Koweït avec 791, puis de l’Arabie saoudite avec 723, de Bahreïn avec 429, du Qatar avec 270 et enfin d’Oman avec 22 drones.
Les systèmes de défense aérienne du Golfe ont efficacement contré la plupart de ces attaques, tandis que les États arabes et islamiques ont appelé l’Iran à cesser ses attaques, qui violent le droit international. Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a également condamné ces attaques, les qualifiant d’« odieuses ».
L’évolution de la situation indique la poursuite du conflit, marquée par des manœuvres politiques et des tentatives indirectes de désescalade. Parallèlement, les États-Unis et Israël s’efforcent d’instaurer une nouvelle dynamique sur le terrain, tandis que le monde attend un cessez-le-feu, inquiet des répercussions de la guerre sur la sécurité énergétique, la navigation internationale et la stabilité de la région et du monde.
R.B.