Capitales, (SANA) La guerre israélo-américaine contre l’Iran entre dans son onzième jour, marquée par une escalade militaire continue et un échange de menaces virulent entre les belligérants. Le conflit s’étend à de multiples fronts régionaux, malgré les déclarations contradictoires sur la fin imminente des opérations.
Alors que les raids américains et israéliens contre des villes et des sites militaires en Iran se poursuivent, Téhéran continue de lancer des missiles vers Israël, en plus de mener des attaques de drones et de missiles contre les États arabes du Golfe. Cette situation exacerbe les tensions régionales et met en péril la sécurité énergétique mondiale.
Les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz.
Dans ses dernières déclarations, le président américain Donald Trump a menacé Téhéran de représailles sévères en cas de perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Il a affirmé que toute tentative d’interrompre le flux de pétrole dans le détroit entraînerait des frappes « 20 fois plus puissantes », ajoutant que les États-Unis « détruiraient des cibles faciles à détruire et impossibles à reconstruire ».
Trump a également déclaré que les opérations militaires américano-israéliennes avaient détruit environ 80 % des sites et rampes de lancement de missiles iraniens, affirmant que l’Iran « était sur le point de dominer le Moyen-Orient sans cette guerre ».
En réponse, Téhéran a rejeté ces déclarations, soulignant que ni Washington ni Israël ne décideraient la fin du conflit. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que « l’Iran décidera de la fin de cette guerre » et a annoncé le lancement de sa 33e vague d’opérations, ciblant des sites israéliens et poursuivant ses attaques contre des pays de la région.
Téhéran exclut toute voie diplomatique
Sur le plan politique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a affirmé que son pays était prêt à poursuivre les frappes de missiles « aussi longtemps que nécessaire », soulignant que les négociations avec les États-Unis n’étaient plus envisageables tant que les attaques militaires se poursuivaient.
M. Araqchi a déclaré : « Nous avons une expérience très amère des négociations avec Washington. Les États-Unis et Israël pensaient pouvoir remporter une victoire rapide en quelques jours, mais ces estimations se sont révélées fausses. »
De son côté, Kamal Kharrazi, conseiller du Guide suprême iranien pour la politique étrangère, a affirmé qu’ « il n’y a pas de place pour la diplomatie avec Washington », indiquant que l’armée iranienne était prête à mener une guerre prolongée.
Frappes aériennes sur Téhéran et échanges de tirs de missiles
Sur le terrain, les médias israéliens ont rapporté que l’armée de l’air israélienne avait mené des frappes aériennes sur des sites à Téhéran, ciblant notamment des laboratoires liés au programme nucléaire iranien. Parallèlement, deux Israéliens ont été tués lors de nouvelles frappes de missiles iraniens, portant le bilan des morts depuis le début du conflit à 15 et celui des blessés à 2 238. L’armée israélienne a également annoncé l’interception de nouvelles salves de missiles iraniens.
En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé la destruction d’un drone israélien Hermes 900 dans l’ouest du pays, affirmant que les missiles lancés sur des cibles ennemies utiliseraient de plus en plus d’ogives d’au moins une tonne, signe d’une escalade de la puissance destructrice des missiles balistiques iraniens.
Ouverture de fronts régionaux
Alors que la guerre se poursuit, les affrontements s’étendent à plusieurs fronts dans la région. Sur le front libanais, l’armée israélienne a averti les habitants des zones situées au sud du fleuve Litani en prévision d’une possible frappe militaire. Parallèlement, le Hezbollah a annoncé avoir ciblé des forces israéliennes tentant d’infiltrer la ville frontalière de Houla et a lancé des drones vers la Haute Galilée, dans le nord de la Palestine occupée.
Les affrontements se sont également étendus à l’Irak, où des factions armées fidèles à l’Iran ont annoncé la mort de quatre de leurs combattants lors d’une frappe qu’elles imputent aux États-Unis contre une base des Forces de mobilisation populaire (FMP) dans la province de Kirkouk.
Le Golfe sous pression suite aux attaques
Les attaques de missiles et de drones iraniens contre les États du Golfe se sont poursuivies. Le Bahreïn a déploré la mort d’une femme et huit blessés après qu’un missile ait touché un immeuble résidentiel à Manama.
Les autorités bahreïnies ont également annoncé l’interception de 102 missiles et de 171 drones depuis le début des attaques iraniennes.
Au Qatar, le ministère de la Défense a annoncé l’interception de 17 missiles balistiques et de six drones lancés vers son territoire. Aucun blessé n’a été signalé.
En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a annoncé l’interception de drones, dont certains visaient des installations pétrolières. Il a également signalé une nouvelle attaque de drone contre un immeuble résidentiel dans le gouvernorat de Zulfi. Le Koweït a annoncé la destruction de plusieurs drones dans différentes régions du pays, tandis que les Émirats arabes unis ont annoncé l’interception de missiles et de drones lancés depuis l’Iran.
Le coût de la guerre s’aggrave
Sur le plan économique, des rapports américains ont révélé que l’armée américaine a consommé 5,6 milliards de dollars de munitions au cours des deux premiers jours seulement des opérations militaires contre l’Iran, illustrant le coût exorbitant de l’escalade du conflit.
Selon des responsables américains, l’administration pourrait demander des fonds supplémentaires au Congrès dans les prochains jours pour soutenir les opérations militaires, compte tenu du rythme toujours élevé de la consommation de munitions.
Craintes d’une guerre prolongée
Face à cette escalade, les estimations suggèrent que la guerre se dirige vers une guerre d’usure prolongée, notamment en raison des échanges de tirs continus et de l’absence de tout signe de règlement politique.
Dans ce contexte, l’ancien secrétaire d’État américain Antony Blinken, a indiqué que deux facteurs clés détermineraient la fin de la guerre : la dynamique des marchés mondiaux et l’épuisement des stocks de missiles des belligérants.
Face à l’escalade du conflit et à l’intensification des échanges de tirs, la région traverse une phase extrêmement complexe, tandis que la guerre, qui se poursuit sans fin, s’étend au-delà des frontières iraniennes et israéliennes et affecte la sécurité et la stabilité de l’ensemble du Moyen-Orient.
R.B.