Damas, (SANA) L’état technique de la raffinerie de Banias, après de longues années d’exploitation sans révision générale, a rendu nécessaire la mise en œuvre d’un vaste programme de maintenance et de réhabilitation en vue de rétablir la pleine capacité opérationnelle des unités, à améliorer la fiabilité du fonctionnement et à renforcer la capacité de la raffinerie à approvisionner le marché local en produits pétroliers.
Un besoin urgent de réhabilitation
Le vice-président exécutif de la Syrian Petroleum Company (SPC), chargé du raffinage et des industries chimiques, Tarek Al-Abdallah, a indiqué que les évaluations techniques avaient fait apparaître un besoin urgent de réhabiliter plusieurs unités et équipements, ainsi que d’améliorer leur disponibilité et leur fiabilité opérationnelles, notamment après de longues années d’exploitation et de maintenance partielle.
Il a indiqué que la révision actuellement menée était la première opération de révision générale d’une telle ampleur dans l’histoire de la raffinerie. « Les travaux vont au-delà de la maintenance classique et comprennent notamment le remplacement du réacteur et la réhabilitation de l’unité de distillation et de la centrale énergétique », a-t-il indiqué.
Les travaux comprennent également la réhabilitation d’équipements essentiels arrivés à un stade avancé de leur durée de vie opérationnelle.
Augmentation de la capacité à 130.000 barils par jour
Tarek Al-Abdallah a fait savoir que l’objectif principal de cette révision était de porter la capacité opérationnelle de la raffinerie d’environ 80.000 barils par jour à quelque 130.000 b/j, soit une augmentation d’environ 50.000 barils quotidiens.
Cette augmentation devrait permettre d’accroître la production d’essence, de gazole, de kérosène et de gaz de pétrole liquéfié (GPL), tout en réduisant les pannes et les arrêts d’équipements liés à leur vieillissement. Elle devrait ainsi améliorer l’efficacité du fonctionnement et la qualité des produits.Al-Abdallah a également souligné que la révision générale constitue une opération périodique à laquelle les raffineries sont régulièrement soumises. « Cette révision nécessite l’arrêt de l’installation pendant une période déterminée afin de procéder au démontage, aux inspections et aux évaluations techniques.
La révision générale de la raffinerie était initialement prévue pour 2025
Dans une vidéo diffusée sur la chaîne Telegram de la Compagnie syrienne du pétrole, Al-Abdallah a indiqué que la réalisation de cette révision à ce stade était devenue nécessaire, les évaluations techniques ayant confirmé la dégradation de l’état de fonctionnement de la raffinerie.
Al-Abdallah a également confirmé que la raffinerie reprendrait progressivement son activité une fois les travaux de maintenance et les essais techniques achevés, et après avoir atteint les conditions nécessaires à une exploitation sûre.
Écart entre la production locale et la demande, et hausse des prix
Les travaux de révision interviennent alors que les prix mondiaux du pétrole et des produits raffinés sont en hausse, sous l’effet des perturbations qui affectent les marchés de l’énergie et de la baisse de l’offre sur certains marchés.
Selon le ministère de l’Énergie, la production pétrolière nationale s’élève à environ 100 000 barils par jour, contre des besoins estimés à quelque 300 000 barils par jour. La Syrie doit ainsi importer une partie de ses besoins en produits pétroliers.
Après la révision
Le retour de la raffinerie de Banias à un niveau de fonctionnement plus élevé devrait permettre d’accroître la contribution de la production locale à la satisfaction des besoins du marché et de réduire la dépendance à l’égard des importations de produits raffinés. Il devrait également contribuer à limiter les pannes, à améliorer l’efficacité opérationnelle et à renforcer la qualité des produits.
La capacité de production visée devrait par ailleurs offrir à la raffinerie une plus grande flexibilité pour répondre à la demande intérieure. Elle renforcera également la capacité du secteur syrien du raffinage à faire face aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.
Rkh/rb