Damas, ( SANA) Le retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, dans le cadre de la décision prise par le président américain Donald Trump le 8 juillet courant, constitue un tournant majeur qui redonne à la Syrie son attractivité auprès des investisseurs et ouvre la voie à une phase de relance économique et de reconstruction, après des décennies de restrictions et d’isolement.
Cette décision reflète un changement décisif de l’approche américaine à l’égard de la Syrie, ouvrant la voie à sa réintégration progressive dans les marchés et les institutions internationales. Des spécialistes estiment qu’elle permettra à la Syrie de renouer avec les institutions financières mondiales, de retrouver sa place sur les plans régional et international et de renforcer sa présence économique.
Des investissements internationaux sans restrictions
Dans le contexte de l’ouverture économique rendue possible par le retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, Mohammad Alaa Ghanem, conseiller politique principal au sein du Conseil syro-américain, a déclaré à l’Agence SANA que cette décision levait les obstacles juridiques qui empêchaient les entreprises américaines et internationales d’accéder au marché syrien, ouvrant ainsi la voie à d’importants investissements sans contraintes légales.
Ghanem a indiqué que la Syrie était désormais « un membre naturel de la communauté internationale », tout en soulignant que les entreprises auraient besoin de davantage de temps pour consolider leur confiance dans la stabilité intérieure, afin de garantir un environnement de travail stable et attractif à court et moyen terme.
L’examen attendu du Congrès
Ghanem a expliqué que cette décision ne nécessitait aucune mesure supplémentaire de la part des États-Unis, toutes les procédures requises ayant déjà été accomplies. Elle entrera officiellement en vigueur le mois prochain, à l’issue de la période de révision de 45 jours prévue par le Congrès, permettant ainsi à la Syrie d’effectuer des transactions avec les banques internationales sans restrictions juridiques et ouvrant la voie au financement de grands projets ainsi qu’à la reconstruction.
Il a ajouté que la prochaine étape consisterait à attirer les investissements internationaux, les obstacles imposés par les sanctions ayant désormais disparu.
Selon lui, cela exige la mise en place d’un cadre juridique et d’un environnement d’investissement capables d’attirer les capitaux internationaux, qui disposent de nombreuses alternatives sur les marchés mondiaux.
Large opportunités d’investissement
De son côté, le vice président du Conseil syro américain, le Dr Ehab Harraka, estime dans une déclaration similaire que la décision constitue un tournant personnel et professionnel pour lui et pour les hommes d’affaires syriens à l’étranger, compte tenu de son activité dans les secteurs médical et de l’investissement, puisqu’elle supprime les obstacles qui limitaient la réalisation de projets en Syrie.
Harraka a affirmé que les secteurs de la santé, de l’énergie, des infrastructures, de l’éducation et de la technologie sont désormais ouverts aux investisseurs, et que le marché syrien dispose de compétences humaines remarquables et de besoins importants, ce qui en fait un environnement prometteur pour les investissements internationaux.
Des transferts et un financement facilités
Le vice président du Conseil syro américain a souligné que la levée des sanctions entraînera une avancée majeure dans les transferts bancaires et le financement des projets, permettra la coopération avec les entreprises internationales et l’importation d’équipements modernes, renforcera la confiance des investisseurs, réduira les coûts d’investissement et ouvrira la voie à des projets plus vastes et plus durables.
Harraka a également affirmé son intention d’investir dans le secteur de la santé à travers des projets spécialisés comprenant des cliniques virtuelles syro américaines, un centre avancé d’imagerie médicale et un centre dédié au traitement des tumeurs, soulignant que les Syriens méritent des services de santé de haut niveau dans leur pays et que la levée des sanctions rend la réalisation de ces projets plus faisable.
Le président Ahmad al Charaa avait rencontré mercredi dernier le président américain Donald Trump au siège du sommet de l’OTAN à Ankara, et avait reçu de lui un message indiquant : « Aujourd’hui, j’ai informé le Congrès de ma décision de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme ; conformément à la loi, le Congrès procédera désormais à un examen de 45 jours pour finaliser cette décision et la rendre définitive. »
Ib.i/mch