Damas, (SANA) À mesure que le progrès technologique s’accélère à l’échelle mondiale, les institutions syriennes se trouvent face à une échéance réelle : adopter les solutions numériques comme pilier essentiel de la réforme, de la lutte contre la corruption et de l’amélioration de la qualité des services.
La transformation numérique comme pilier de réforme institutionnelle
La transformation numérique constitue l’un des outils les plus puissants pour opérer un changement radical dans le fonctionnement de l’administration publique, en réduisant le contact direct entre l’employé et le citoyen, en simplifiant les procédures et en éliminant les lourdeurs bureaucratiques qui ont longtemps constitué un terrain fertile pour la corruption.
Dans ce contexte, le ministre syrien des Finances, Mohammad Yesser Berniyeh, a souligné, lors de sa visite au salon « Syria HiTech », le rôle central de cette transformation.
Il a évoqué une vision gouvernementale claire fondée sur l’intégration de la technologie au cœur de l’action financière, affirmant que la transformation numérique n’est plus un choix, mais une nécessité impérieuse pour atteindre le développement économique, renforcer la transparence et lutter contre la corruption.
Cette approche reflète une orientation officielle vers une réingénierie des processus administratifs, rendant les services plus rapides et plus lisibles, ce qui se répercute directement sur la confiance des citoyens envers les institutions publiques.
Numérisation des services : réduire la corruption et améliorer l’efficacité
La numérisation des services contribue à limiter les opportunités de corruption en réduisant l’intervention humaine directe et en encadrant les opérations dans des systèmes électroniques traçables et contrôlables.
Elle permet également d’effectuer les démarches à distance, allégeant ainsi les charges pesant sur les citoyens et réduisant les coûts en temps et en effort.
En outre, le ministre syrien des Transports, Yaarob Badr, a précisé, lors d’une séance de dialogue tenue dans le cadre du salon, que la transformation numérique n’est pas une fin en soi, mais un outil stratégique pour améliorer l’efficacité des services et alléger les charges des citoyens.
Il a abordé des projets concrets tels que l’immatriculation des véhicules via une base de données centralisée et la mise en place d’un système de file d’attente électronique.
Ce lien entre technologie et service public reflète une compréhension avancée du rôle de la numérisation, non seulement comme moyen technique, mais aussi comme pilier d’amélioration de la qualité de vie quotidienne.
« Syria HiTech » : une plateforme de transformation et d’intégration technologique
Le salon « Syria HiTech », dont les activités ont débuté le 28 avril dernier et se sont achevées hier, s’impose comme l’un des événements majeurs réunissant les acteurs du secteur des technologies et des communications.
Il constitue une plateforme d’échange d’expertises et de présentation des dernières innovations, reflétant l’intérêt croissant pour ce secteur vital.
Dans ce cadre, le chargé d’affaires de la mission de l’Union européenne en Syrie, Michael Ohnmacht, a souligné, lors de sa visite, l’importance de cet événement en tant que plateforme avancée permettant de découvrir les dernières technologies et de consolider la coopération entre les différentes parties, notant une amélioration notable du niveau d’organisation et de participation.
Cette reconnaissance internationale renforce le rôle du salon en tant que passerelle reliant la Syrie aux transformations numériques mondiales et ouvre des perspectives de coopération et d’investissement dans le domaine technologique.
Soutenir les startups : investir dans l’avenir
La réussite de la transformation numérique nécessite un environnement propice à l’innovation, impliquant un soutien réel aux startups, notamment dans le secteur technologique. Un cap gouvernemental clair se dessine en faveur de l’autonomisation des jeunes et de l’encouragement à transformer leurs idées en projets productifs.
Dans ce contexte, le ministre des Finances a souligné l’expérience de la « plateforme budgétaire » électronique développée par le ministère avec la participation de jeunes diplômés, illustrant une détermination à soutenir les compétences locales plutôt que de dépendre exclusivement des grandes entreprises.
De son côté, le ministre des Télécoms et des Technologies de l’information, Abdessalam Heikal, a affirmé que le secteur numérique connaît une évolution rapide et que le gouvernement œuvre pour son développement en tant qu’industrie intégrée reposant sur des compétences humaines qualifiées, tout en mettant l’accent sur l’attraction des expertises syriennes de l’intérieur comme de l’extérieur.
Cette orientation reflète une prise de conscience que l’investissement dans le capital humain et technologique constitue la pierre angulaire de toute transformation économique durable.
Vers une économie numérique intégrée
La transformation numérique en Syrie ne se limite pas à l’amélioration des services publics, mais s’étend à la construction d’une économie numérique compétitive. Cela implique le développement des infrastructures numériques, la modernisation des cadres juridiques et le renforcement des partenariats entre les secteurs public et privé.
Avec l’augmentation du nombre de transactions numériques, notamment dans le secteur des transports qui a enregistré des centaines de milliers d’opérations en peu de temps, les contours d’un modèle administratif plus moderne et efficace commencent à se dessiner.
La transformation numérique représente ainsi une véritable opportunité pour reconstruire la confiance entre le citoyen et l’État, lutter contre la corruption à sa racine et opérer un saut qualitatif dans la performance gouvernementale.
Avec une détermination politique affirmée, le dynamisme des événements technologiques comme « Syria HiTech » et le soutien aux startups, la Syrie semble s’engager vers une nouvelle phase où l’économie numérique devient un pilier fondamental du développement et de la stabilité.
André Chatta