Capitals, (SANA) Les avertissements internationaux se multiplient quant à la possibilité d’une catastrophe environnementale de grande ampleur si l’Iran continue de cibler les pétroliers dans le golfe Persique, car les répercussions d’une éventuelle marée noire ne se limiteraient pas seulement dans le lieu de l’attaque, mais s’étendraient pour causer des dommages importants aux écosystèmes marins et terrestres de la région.
Le danger que représentent ces attaques ne se limite pas aux pertes économiques ou aux perturbations de la navigation, mais comprend également une menace directe pour la biodiversité et les mers, avec des effets à long terme difficiles à contenir.
Dans ce contexte, la Kuwait Petroleum Corporation a déclaré mardi que l’un de ses pétroliers avait été attaqué dans le port de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, et faisant craindre une possible marée noire dans les eaux environnantes, d’autant plus que le pétrolier était plein au moment de l’incident.
De son côté, le gouvernement des Émirats arabes unis a confirmé qu’il continuait d’évaluer les dégâts, en accordant une attention particulière aux répercussions environnementales potentielles dans les zones côtières voisines.
Pollution rapide et difficile à contenir
Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), une fois que les marées noires atteignent la surface de la mer, elles commencent à se transformer et à se répandre sous l’effet du vent, des vagues et de l’évaporation, ce qui les amène à se disperser sur de vastes zones, à se mélanger aux vagues d’eau et éventuellement à se déposer au fond.
Cette propagation rapide rend l’impact environnemental transfrontalier, car les organismes marins de toutes sortes sont exposés à des risques directs et indirects susceptibles de menacer leur survie.
écosystèmes sous pression
Des études et des rapports indiquent que les premiers stades de la vie marine, comme les œufs et les larves, sont les plus vulnérables à la pollution par les hydrocarbures.
Les oiseaux marins sont également fortement touchés par la contamination, tout comme les tortues et les mammifères marins qui peuvent être intoxiqués par inhalation ou ingestion.
Quant aux stocks de poissons, ils sont confrontés à une double menace : la mortalité directe et la contamination des stocks, ce qui compromet la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement.
La crise s’aggrave lorsque le pétrole atteint les côtes, où les plages peuvent se retrouver contaminées par des couches huileuses qui s’intensifient avec le temps, tandis que des milieux plus fragiles comme les marais salants restent vulnérables aux effets à long terme, car le pétrole y est piégé et difficile à éliminer.
Danger transmis par l’air
En cas d’incendie à bord de pétroliers, le danger s’étend de la mer à l’atmosphère, car, comme l’explique l’Agence américaine de protection de l’environnement, la combustion du pétrole entraîne l’émission de grandes quantités de gaz polluants, notamment du dioxyde de carbone, des oxydes de soufre, des oxydes d’azote, du monoxyde de carbone et des particules fines.
La fumée contient également des composés toxiques, notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques, qui sont associés à des risques importants pour la santé et l’environnement.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé avertit que l’exposition aux particules fines et aux gaz résultant de la combustion du pétrole peut entraîner une irritation respiratoire et aggraver les maladies chroniques, telles que l’asthme et les maladies cardiaques, ainsi qu’accroître le risque de cancer du poumon, en particulier chez les groupes les plus vulnérables comme les enfants et les personnes âgées.
Ces risques prennent une ampleur considérable dans les environnements semi-fermés comme le golfe Persique, où les eaux peu profondes, les températures élevées et l’intense activité marine accélèrent la propagation de la pollution et son arrivée sur les côtes et les zones de pêche.
Toute restriction de la navigation ou de la pêche peut entraîner des répercussions économiques et alimentaires supplémentaires, avant même que l’étendue des dégâts environnementaux ne soit pleinement constatée.
Appels à renforcer la coopération internationale
L’Organisation maritime internationale affirme que la gestion des incidents de pollution par les hydrocarbures exige une réponse coordonnée aux niveaux régional et international, compte tenu de la nature transfrontalière de ces catastrophes, et souligne l’importance de renforcer les plans d’urgence et la préparation environnementale.
Alors que les tensions persistent dans la région, le ciblage des pétroliers apparaît comme bien plus qu’un simple incident militaire passager, car il comporte une menace complexe pour l’environnement, l’économie et la santé publique.
L.Arfi