Damas, (SANA) Le ministre syrien des Finances, Mohammad Yasser Berniyeh, a affirmé que le gouvernement poursuit la mise en œuvre d’une réforme globale du système des salaires et des rémunérations dans le secteur public, fondée sur des ressources réelles. Il a indiqué que l’augmentation générale de 200 % adoptée l’année dernière, qui a concerné les fonctionnaires et les retraités, s’est accompagnée d’augmentations ciblées visant les postes sensibles afin de les protéger de la corruption, à commencer par le ministère de la Justice.
Dans une interview accordée mardi soir à la chaîne syrienne Al-Ikhbariya, Berniyeh a précisé que le gouvernement s’oriente vers la clôture du dossier de la réforme des salaires du secteur public dans le cadre d’une vision progressive visant à parvenir à un système équitable satisfaisant l’ensemble des travailleurs.
Il a souligné que les salaires et rémunérations sont entièrement financés par des ressources réelles de l’État, sans recours à l’émission monétaire ni à l’endettement, précisant que les revenus du pétrole et du gaz seront intégrés au budget général de l’État, contrairement à ce qui prévalait sous le régime déchu.
Berniyeh a indiqué que les augmentations ciblées ont concerné environ 85 à 89 % des employés du secteur administratif, tandis que le décret présidentiel n° 67 a accordé une augmentation supplémentaire de 50 % à ceux qui n’en avaient pas bénéficié. Il a ajouté que le gouvernement n’ignorera pas les retraités et qu’une augmentation juste et équitable leur sera également accordée.
Le ministre a précisé que 41 % des dépenses publiques dans le budget 2025 étaient consacrées aux salaires et aux rémunérations, tandis que les dépenses pour les secteurs sécuritaires étaient inférieures à celles consacrées aux secteurs sociaux, une orientation sans précédent dans l’histoire de la Syrie.
Il a également indiqué que l’Arabie saoudite et le Qatar ont accordé des aides financières d’un montant de 86 millions de dollars pour soutenir les salaires, soulignant que la réforme du système de rémunération permettra aux ministères d’améliorer leurs performances.
Concernant le soutien au secteur privé et la reprise de l’économie, Berniyeh a insisté sur le fait que l’État, le secteur des affaires et les citoyens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, sont partenaires dans la reconstruction.
Il a précisé que plus de 30 000 établissements partiellement endommagés pourraient générer des centaines de milliers d’offres d’emploi une fois remis en activité, ajoutant que les décrets présidentiels relatifs aux exonérations fiscales et aux prêts en difficulté visent à faciliter leur reprise et à dynamiser l’économie.
Le ministre a affirmé que l’État syrien n’a contracté aucune dette en 2025, précisant que le soutien extérieur a pris la forme de subventions de la Banque mondiale et non de prêts. Il a indiqué que le gouvernement n’envisage pas actuellement de recourir à l’endettement, tout en n’excluant pas totalement des prêts concessionnels pour des projets stratégiques majeurs susceptibles de ne pas susciter suffisamment d’intérêt du secteur privé. Il a également souligné qu’aucune discussion n’est en cours avec la Russie concernant des dettes.
Enfin, concernant la réintégration des employés licenciés durant la période de la révolution, Berniyeh a indiqué que le ministère des Finances les a tous réintégrés, affirmant l’engagement du gouvernement en faveur de la justice dans l’emploi et de la compensation des personnes lésées.
A.Ch.