Capitales, (SANA) Les répercussions économiques de la guerre en cours au Moyen-Orient continuent de s’accentuer, alors que des responsables américains ont indiqué que le coût des opérations militaires contre l’Iran au cours des deux dernières semaines a atteint environ 12 milliards de dollars, dans un contexte de fortes perturbations sur le marché mondial de l’énergie en raison de l’interruption d’une grande partie des approvisionnements pétroliers dans le Golfe.
Le conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a indiqué dans une interview accordée à CBS News que ce chiffre représente les dépenses effectives jusqu’à présent.
Il a précisé que la campagne pourrait se poursuivre entre quatre et six semaines, soulignant que l’administration américaine ne prévoit pas actuellement de demander des financements supplémentaires au Congrès et que les stocks d’armes disponibles suffisent pour poursuivre les opérations.
Ces chiffres concordent avec un précédent rapport du New York Times, basé sur un briefing du département de la Défense, qui indiquait que le coût des premiers jours avait dépassé 11,3 milliards de dollars, en plus de pertes d’actifs militaires estimées à 3,84 milliards de dollars.
Alors que Hassett prévoit la poursuite des opérations pendant plusieurs semaines, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré à ABC News que la guerre « se terminera certainement dans les prochaines semaines », reflétant l’évaluation de l’administration quant au développement de l’escalade.
Un choc pétrolier frappe les marchés mondiaux
Parallèlement aux développements militaires, les marchés mondiaux font face à l’un des plus grands chocs d’approvisionnement depuis des décennies. Reuters a indiqué qu’environ 15 % des approvisionnements mondiaux en pétrole, soit près de 15 millions de barils par jour, se retrouvent bloqués dans le Golfe après la fermeture du détroit d’Ormuz, la principale voie maritime pour le transport de l’énergie.
Le prix du Brent a dépassé 100 dollars le baril, tandis que les prix des carburants raffinés, tels que le diesel et le carburant d’aviation, ont enregistré des hausses encore plus importantes en raison des craintes de pénurie.
Les pays producteurs de pétrole de la région tentent de limiter les répercussions de la crise. L’Arabie saoudite redirige une partie de ses exportations via le port de Yanbu, sur la mer Rouge, à hauteur d’environ cinq millions de barils par jour, tandis que les Émirats arabes unis augmentent leurs expéditions via le port de Fujairah, situé en dehors du détroit. Toutefois, ces alternatives restent insuffisantes pour compenser les volumes perturbés.
Des options limitées pour les outils de réponse
Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, la capacité de production excédentaire de l’alliance OPEP+ s’élève à environ 3,9 millions de barils par jour, mais la majeure partie de cette capacité se trouve dans les pays du Golfe eux-mêmes, ce qui réduit les possibilités de l’utiliser dans un contexte de tensions persistantes.
Aux États-Unis, Hassett a évoqué des mesures visant à renforcer les approvisionnements alternatifs, notamment l’élargissement des licences énergétiques au Venezuela, la sécurisation d’importations supplémentaires d’engrais en provenance du Maroc et du Venezuela, ainsi que l’autorisation d’un plus grand nombre de navires étrangers à transiter par le golfe du Mexique afin d’atténuer la pénurie de carburant d’aviation.
Malgré les garanties financières offertes par Washington aux compagnies maritimes, de nombreuses entreprises restent réticentes à naviguer dans la région. Par ailleurs, le déploiement de navires de guerre pour protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz pourrait nécessiter plusieurs semaines avant d’entrer en vigueur.
Des observateurs estiment que la poursuite des perturbations de l’approvisionnement sur une longue période pourrait accentuer les pressions sur l’économie mondiale, les marchés dépendant fortement du pétrole du Golfe pour répondre à la demande mondiale.
A.Ch.