Damas, (SANA) Le Salon « NASTEX 2026 » qui s’est tenue dans la cité des Foires de Damas met en lumière l’artisanat syrien, comme le brocart damascène et le tissage, et présente les efforts des artisans pour préserver ces métiers ancestraux et en faire une source de revenus et de soutien à l’économie locale, tout en protégeant l’identité culturelle et le patrimoine immatériel.
Le brocart raconte l’histoire de Damas
L’espace dédié à l’artisanat du tissage évoque une partie de la mémoire artisanale de Damas, en présentant les étapes de fabrication du brocart damascène et ses motifs inspirés du jasmin, des feuilles de vigne, des papillons et des anciennes maisons damascènes.
L’artisan Mohammad Al-Chammaa, l’un des derniers pratiquants de cet artisanat, a expliqué à Sanaa que la préparation du métier à tisser pour la production prend environ un mois entier, tandis que la production d’un mètre de brocart multicolore peut nécessiter deux jours de travail précis et continu.
La difficulté de ce métier ne réside pas seulement dans le temps qu’il exige, car il se heurte, selon Al-Chammaa, à plusieurs défis, notamment la rareté de la soie et des matières premières et leurs coûts élevés, en plus de la réticence des jeunes à apprendre un métier qui requiert patience, précision et effort physique.
Pour sa part, le directeur exécutif de l’association Al-Sakhra, Ammar Hanna, a souligné que l’association, fondée en 2014, avait adopté un projet visant à protéger le patrimoine damascène et avait relancé un métier à tisser manuel comprenant 7 200 fils répartis sur autant d’aiguilles.
De la soie à la laine
Des motifs de jasmin et des maisons damascènes tissées de fils de soie, le visiteur du pavillon passe aux couleurs de la laine et aux motifs du désert, où l’espace de l’Initiative du Métier à Tisser Bédouin reflète un aspect du patrimoine palmyrénien, à travers des produits artisanaux qui allient l’authenticité de l’artisanat aux besoins de la vie contemporaine.
Les pièces exposées s’inspirent des couleurs et des motifs du désert, présentant un artisanat qui constitue une mémoire culturelle renouvelable et une ressource pouvant contribuer à améliorer les conditions économiques des femmes qui y travaillent.
Les fondatrices de l’initiative, ont confirmé que le projet vise à autonomiser économiquement les femmes de Palmyre et à les aider à se procurer une source de revenus, parallèlement à la renaissance du patrimoine culturel associé à leur environnement.
Pour sa part, la tisseuse et formatrice Hajar Al-Chafi a déclaré que chaque pièce exige précision, patience et beaucoup de temps, car les fils passent par de multiples étapes avant d’être transformés en un produit qui porte les caractéristiques et les couleurs du désert, alliant fonctionnalité pratique et valeur esthétique.
Les femmes créent de nouvelles opportunités
L’initiative vise à créer de nouvelles expériences pour les femmes de Palmyre, leur ouvrant la voie à la participation à la production et à l’accès à une ressource économique plus durable.
À travers ce modèle, l’initiative vise à offrir aux femmes des offres d’emploi durables grâce à une gestion participative et à soutenir leur accès à la reprise économique, tout en préservant le caractère culturel distinctif de l’artisanat et en le transmettant à une nouvelle génération.
Wh/ rf.

