La Haye (SANA) L’artiste et chercheur syrien Fouad Hallak, résidant aux Pays-Bas, s’est inspiré de la longue attente des familles de personnes disparues en Syrie pour lancer son projet artistique multimédia, « Joie incomplète ».
Ce projet vise à transformer l’expérience de l’absence en un espace de guérison, de dialogue et de préservation de la mémoire collective.
Il offre également aux Syriens vivant aux Pays-Bas un lieu pour faire face au deuil et ouvre un débat sur l’absence, la justice et l’impact des disparitions forcées sur les familles et la société.
Ce projet insiste sur trois dimensions de l’absence : l’absence de la personne, l’absence de son histoire et l’absence de son droit à la justice. Il ouvre la voie à une réflexion sur la mémoire collective et les processus de deuil et de rétablissement, et soulève des questions sur la manière de préserver et de perpétuer la mémoire des victimes.
Dans une déclaration à SANA , Hallaq a dit « L’attente est une expérience fondamentale pour les familles des disparus, ce qui m’a incité à explorer comment la transformer en œuvre d’art. »
Il a expliqué avoir choisi les portes comme symbole d’un état d’incertitude, ni complètement fermées ni ouvertes, se correspondant à l’état des familles qui s’accrochent à l’espoir du retour de leurs proches.
Hallaq a ajouté : « J’ai écrit les messages des familles sur les portes et je les ai gravés à la main de la même manière qu’ils avaient été écrits, afin de préserver leur impact humain tel quel est», expliquant que le projet vise à fournir un espace sûr pour l’expression, le souvenir et la guérison.
Il a fait remarquer qu’il travaillait avec des familles de personnes disparues qui avaient été informées de la mort de leurs fils par le biais de témoignages d’anciens détenus libérés de la prison, sans que le corps n’ait été retrouvé ni que des funérailles aient eu lieu, ce qui laissait leurs familles avec des questions sans réponse concernant la perte, la justice et la mémoire.
Hallaq a indiqué que l’idée du projet a commencé à prendre forme lors de sa première visite en Syrie après la chute de l’ancien régime, lorsqu’il a été frappé par les nombreuses photos de détenus et de personnes disparues affichées sur la place de Marjeh à Damas, dont les traits changeaient de jour en jour en raison des conditions météorologiques ou de l’intervention des passants, ce qui l’a poussé à chercher le moyen d’employer l’Art pour préserver la mémoire collective.



W.h. / L.a.