Damas, (SANA) Dans l’enceinte de la vieille Citadelle de Damas, le salon « Damas, rose et patrimoine » a été inauguré lundi par les ministères du Tourisme et de la Culture. Les cours du monument se sont transformées en un vaste atelier animé par la créativité d’artisans qui portent l’héritage du patrimoine syrien et ont su préserver nos métiers ancestraux face aux risques d’oubli et de disparition.
Œuvres artistiques
Dans un des espaces du salon, l’artisane Siham Qahwaji, affiliée à l’Union générale des artisans, présentait ses créations manuelles. Elle a déclaré à SANA : « Mon métier consiste à remodeler et recycler les matériaux naturels présents dans l’environnement. Je récupère des objets que nous sommes sur le point de jeter, comme le verre brisé, que je recolore et combine avec des travaux en époxy pour obtenir de magnifiques tableaux ».
Elle a ajouté : « Même les coquilles d’œufs trouvent leur place dans mes œuvres, car je les utilise pour donner un aspect proche de la mosaïque. » Elle souligne que ces événements lui apportent une expérience nouvelle, favorisent les échanges avec d’autres artisans et, surtout, représentent selon elle une forme de “reconstruction et de développement du pays”.
Le brocart, un message de culture et d’histoire
Pour l’artisan Maher Deirki, héritier de la tradition du brocart transmise par son père, le salon « Damas, rose et patrimoine » constitue une véritable plateforme pour mettre en lumière la richesse de la culture syrienne. Il estime que la présence du produit syrien authentique dans cette exposition reflète la culture, la civilisation et l’histoire millénaire du pays. Il a exprimé sa gratitude aux ministères du Tourisme et de la Culture ainsi qu’à l’Union générale des artisans pour leur soutien aux métiers et aux artisans locaux.
Deirki a également souligné que ces métiers nécessitent une attention extérieure, car ils dépendent davantage des touristes et des visiteurs étrangers que du public local, notamment pour des produits entièrement faits main comme les tapis tissés.
Métier à tisser traditionnel en bois
Venue du gouvernorat de Hama, l’artisane Nasserine al Wadihi est venue présenter sa passion pour le tissage manuel sur un métier en bois traditionnel. Elle explique avoir participé au salon « pour que le monde découvre cette profession toujours vivante et réalise que le patrimoine demeure bien présent ».
Elle précise que ses produits — serviettes, abayas en soie et autres pièces — sont tous tissés sur un métier en bois par des artisans de Hama. Elle note que ce savoir-faire est presque exclusif au gouvernorat de Hama, qui se distingue par cet héritage artisanal ancien.
Il est à noter que le salon « Damas, rose et patrimoine », qui se poursuit jusqu’au 7 mai prochain, a enregistré une forte affluence. Il réunit des métiers artisanaux authentiques reflétant l’identité culturelle et civilisationnelle de la Syrie, propose des formations en marketing pour les participants ainsi que des ateliers dédiés aux métiers représentés.












R.Kh/ M.Ch.