New York, (SANA) Human Rights Watch a affirmé que le gouvernement israélien a approuvé un plan quinquennal allouant 334 millions de dollars à la réinstallation de milliers de civils israéliens vers le plateau du Golan, situé en Syrie et occupé par Israël, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Cette décision, adoptée par le cabinet israélien le 17 avril, constitue clairement une déclaration d’intention de commettre des crimes de guerre.
« Le cabinet israélien a approuvé le plan visant à développer la colonie de Katzrin, fondée en 1977, pour en faire ce que les responsables ont décrit comme la « première ville » du Golan ; l’objectif déclaré est d’accueillir 3 000 nouvelles familles de colons israéliens dans ce territoire occupé, d’ici 2030 », a fait noter l’organisation sur son site-web.
« Le gouvernement israélien vient d’allouer des fonds publics à ce qui constituerait un crime de guerre en Syrie, tout en accélérant l’expansion des colonies en Cisjordanie dans un contexte d’impunité pour les violences commises contre des Palestiniens », a déclaré Hiba Zayadin, chercheuse senior sur la Syrie à Human Rights Watch. « Un transfert permanent de population vers le territoire syrien violerait le droit international, et aurait de graves implications pour les Syriens déplacés de longue date. »
« L’UE dispose d’outils puissants, mais refuse de les utiliser », a indiqué Hiba Zayadin. « Les États-Unis nient le fait que le Golan est un territoire syrien occupé. Le plan israélien du 17 avril est le résultat prévisible lorsqu’une puissance occupante est convaincue que son impunité perdurera.
Dans un rapport publié aujourd’hui, HRW a fait noter que l’Union européenne et ses États membres, le Royaume-Uni et d’autres pays disposant d’une influence devraient réagir en suspendant leurs accords commerciaux avec Israël, et en interdisant notamment les activités commerciales avec les colonies israéliennes illégales, au Golan occupé ainsi qu’en Cisjordanie.
« Ces pays devraient également suspendre les transferts d’armes vers Israël. Lorsque les législations nationales le permettent, les procureurs de pays tiers devraient ouvrir des enquêtes pénales, en vertu du principe de compétence universelle, contre les responsables israéliens et toute autre personne impliquée de manière crédible dans le transfert de civils vers un territoire occupé » a-affirmé l’organisation.
Selon le rapport, le plan israélien du 17 avril a été annoncé alors que l’armée israélienne poursuivait son avancée dans le sud de la Syrie. Depuis la chute du gouvernement Assad, les forces israéliennes ont occupé le territoire syrien au-delà de la ligne de désengagement de 1974, établi plusieurs positions militaires à l’intérieur de la Syrie ; elles ont mené à plusieurs reprises des raids terrestres, des frappes aériennes et d’autres opérations dans les gouvernorats de Quneitra, Daraa et Soueïda.
Human Rights Watch a documenté de graves violations commises par l’armée israélienne au cours de ces opérations, notamment le déplacement forcé de résidents syriens de villages situés dans la zone nouvellement occupée, ce qui constitue un crime de guerre. Des soldats israéliens sont entrés dans des villages proches de la ligne de séparation, en menaçant des familles avec leurs armes ; ils ont forcé des habitants à partir sans leur permettre d’emporter leurs biens, et sans prendre des dispositions pour qu’ils puissent se loger en toute sécurité avant de pouvoir retourner chez eux. Dans certains villages syriens, des bulldozers israéliens ont ensuite rasé des maisons pendant la nuit, détruisant les vergers et les jardins qui les entouraient.
Le rapport a précisé que les forces israéliennes ont construit des installations militaires à proximité de ces villages et ont indiqué leur intention de rester indéfiniment, rendant de facto impossible tout retour concret des habitants. Ces forces ont également clôturé des terres agricoles, des pâturages et des sources d’eau, privant ainsi les familles de leurs moyens de subsistance qui étaient transmis d’une génération à l’autre ; elles ont aussi rasé de vastes portions des réserves forestières des villages. Les forces israéliennes ont également arrêté arbitrairement des civils syriens, et les ont transférés en Israël, où ils sont détenus sans inculpation et au secret.
« Depuis 1967, les autorités israéliennes ont refusé aux Syriens déplacés le droit de retourner dans leurs foyers dans le plateau du Golan occupé, et y ont détruit des centaines de villages et de fermes », a fait savoir le HRW, indiquant que le gouvernement syrien estime que le nombre de Syriens déplacés et leur descendants s’élève à des centaines de milliers de personnes.
Le rapport a affirmé que l’UE et ses États membres continuent de reconnaître le plateau du Golan syrien comme un territoire occupé, conformément à la résolution 497 de l’ONU, et à la position de longue date de l’UE. En juin 2025, un rapport de l’UE a conclu qu’il avait des « indications » selon lesquelles Israël violait l’article 2 de l’Accord d’association UE-Israël, qui fait du respect des droits humains un élément essentiel de l’accord.
« En septembre 2025, la Commission européenne a proposé la suspension de certaines dispositions commerciales de cet accord, mais cette mesure n’a pas encore été prise. Malgré les conclusions de l’avis consultatif publié par la Cour internationale de justice en juillet 2024, l’UE poursuit ses activités commerciales avec les colonies illégales d’Israël ; parmi les pays membres, seule l’Espagne les a interdites » a mentionné le rapport.
Une affirmation syrienne ferme : le Golan est un territoire syrien occupé
La Syrie a toujours affirmé que le Golan sont un territoire syrien occupé, une revendication soutenue par les résolutions des Nations unies, notamment la résolution 497 du Conseil de sécurité de 1981, qui affirme que la décision d’Israël d’imposer ses lois et sa juridiction sur les hauteurs du Golan syrien occupé est nulle, non avenue et sans effet juridique.
Notons que le président Ahmad al-Charaa a souligné lors d’une session de dialogue dans le cadre des activités du Forum d’Antalya lors de sa cinquième session tenue au milieu de ce mois que la reconnaissance par tout pays du droit d’Israël sur le Golan est invalide, car c’est le droit du peuple syrien. Il a déclaré : « La communauté internationale confirme que le Golan est un territoire syrien occupé par Israël, et récemment 134 pays des Nations Unies ont voté en faveur d’une résolution confirmant que le Golan est un territoire syrien par excellence et occupé par Israël.
L.S.