Damas (SANA) À l’approche de l’Aïd al-Fitr, l’odeur fabuleuse de ghraybeh et de ma’amoul embaument à nouveau les maisons des syriens, annonçant le début des rituels annuels que les familles n’abandonnent jamais, quelles que soient les circonstances, et qui demeurent une tradition familiale transmise de génération en génération.
Malgré le prix élevé des ingrédients de base nécessaires à la confection des pâtisseries, de nombreuses familles tiennent à préparer elles-mêmes le dessert de l’Aïd, recherchant une saveur authentique que les produits du commerce ne peuvent égaler et souhaitant alléger le fardeau financier de l’inflation.
Entre les boutiques de Bzouriya et les marchés de la vieille Damas, émergent des récits de nouvelles alternatives et de créations artisanales qui font revivre la chaleur et la tradition de l’Aïd.
Faible demande de noix
Salem Boussenli, épicier au marché de Bzouriya, a expliqué mercredi à l’agence SANA que la demande de produits pour les pâtisseries domestiques connaît généralement une hausse notable environ une semaine avant l’Aïd.
Il a précisé : « Cette année, la demande de farine, de sucre et de dattes est supérieure à celle des années précédentes, tandis que les achats de garnitures pour le dessert, comme les pistaches et autres fruits secs, ont diminué en raison de leur prix élevé. »
Il a constaté que de nombreux clients demandent désormais des alternatives moins chères, comme le loukoum et les dattes, voire choisissent de se passer complètement de garniture et de préparer des biscuits secs.
Dans sa boutique du marché de Bzouriya, le commerçant Ahmad Hijazi a décrit cette tendance d’achat de douceurs de fêtes, expliquant que certains clients achètent de très petites quantités de fruits secs simplement pour « le goût », comme ils le disent.
Il a observé que, malgré la hausse des prix des ingrédients, les ménagères restent attachées aux traditions des fêtes.
Respecter les rituels de la fabrication de dessert
De son côté, Malak Rihana, femme au foyer, a déclaré : « Chaque année à cette période, mes sœurs et moi nous réunissons chez ma mère pour préparer des maamouls et des ghraybeh.
Cette année, malgré leur prix élevé, j’ai acheté des pistaches, mais en petite quantité, et je les ai mélangées à des noix. Le coût était élevé, mais cela reste moins cher que d’en acheter des toutes prêtes. Le plus important, c’est l’ambiance familiale. »
Suheir Hawari a expliqué qu’à l’approche de l’Aïd el-Fitr, les prix des sucreries et autres confiseries augmentent considérablement sur les marchés.
Le prix d’un kilogramme de ma’amoul dépasse parfois 150 000 livres syriennes, pour une quantité limitée. Cette flambée des prix dissuade de nombreuses familles d’acheter des desserts prêts, surtout compte tenu du contexte économique difficile.
Ainsi, durant les derniers jours du Ramadan, les cuisines syriennes se transforment en petits ateliers de créativité et d’économie, où les odeurs des douceurs se mêlent à la chaleur familiale et où les mains reproduisent des formes traditionnelles porteuses d’histoires de résilience et de détermination à faire revivre les coutumes malgré les circonstances.
Pour l’Aïd, les ma’amoul, les Ghraybeh et autres pâtisseries sont bien plus que de simples gourmandises saisonnières ; elles font partie d’une mémoire collective qui s’obstine à perdurer, quelles que soient les évolutions de la vie.
L.A.


