Capitales, (SANA)-Avec l’extension et la poursuite des manifestations en Iran pour le dix-septième jour qui ont fait des centaines de personnes selon des rapports de défense des droits humains, les avertissements internationaux se multiplient, sur fond de discussions croissantes concernant une éventuelle option militaire du président américain Donald Trump contre Téhéran. Plusieurs pays ont appelé leurs ressortissants à quitter immédiatement le territoire iranien.
L’ambassade américaine virtuelle en Iran a émis mardi une alerte de sécurité exhortant les citoyens américains à quitter immédiatement l’Iran et à élaborer un plan de sortie qui ne dépende pas de l’aide du gouvernement américain , notant que les manifestations s’intensifient à travers le pays et pourraient donner lieu à des actes de violence, entraînant des arrestations et des blessés, et ce, à l’ombre des mesures de sécurité renforcées comprenant des fermetures de routes, des perturbations des transports et des coupures d’internet.
La ministre des Affaires étrangères australienne, Penny Wong, a appelé tous les citoyens de son pays à quitter immédiatement l’Iran. La Suède, la Pologne et l’Inde ont adopté la même position.
Par ailleurs, l’Agence France Presse, citant des sources informées, a indiqué que le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France à Téhéran a quitté le pays sur des vols commerciaux en deux groupes, sans que le nombre de départs ne soit précisé.
Trump penche vers l’option militaire
Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que le président Donald Trump envisage de soutenir une action militaire contre l’Iran afin de “punir le régime pour le meurtre des manifestants”. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été prise, et il continue d’examiner des propositions visant à offrir une chance supplémentaire à la diplomatie, Selon le site américain Axios.
Le responsable a précisé que certains membres de l’administration mettent en garde contre le risque qu’une frappe militaire entraîne des effets contre-productifs.
La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a confirmé que l’administration suivait de près la situation en Iran, soulignant que toutes les options, y compris militaires, restent sur la table si nécessaire, même si la diplomatie demeurait le premier choix du président.
Téhéran prêt à toutes les options
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays est “prêt à toutes les options” si Washington décidera de tester à nouveau l’option militaire, précisant que les contacts avec l’envoyé américain Steve Witkoff se poursuivaient depuis avant les manifestations et restent en cours. Il a exprimé l’espoir que Washington choisisse “l’option sage”.
Par ailleurs, l’état-major général iranien a réitéré ses accusations contre les États-Unis et Israël, les accusant d’“envoyer des saboteurs dans le pays pour cibler les forces de sécurité et les civils”. Dans le même temps, Téhéran a convoqué les ambassadeurs d’Allemagne, de France, d’Italie et de Royaume-Uni pour protester contre ce qu’elle a qualifié de “soutien de ces pays aux manifestants”.
Le bilan des victimes s’alourdit à 645 morts
L’organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, a déclaré que le bilan de morts lors des manifestations s’élève désormais à 645 personnes au minimum, dont 512 manifestants et 133 membres des forces de sécurité. Elle a également fait état de l’arrestation de plus de 10 720 manifestants dans les 31 provinces touchées par les protestations. Les autorités iraniennes n’ont pour l’instant publié aucun chiffre officiel concernant le nombre de morts et de blessés.
W.H./R.B.