Moscou / Le représentant de la Russie auprès du Conseil de sécurité, Vitali Tchourkine, a annoncé que son pays allait user de son veto contre tout projet de résolution jugée inacceptable au Conseil de sécurité sur la Syrie.
Dans des déclarations aux journalistes à New York, Tchourkine a clarifié que si le texte du projet de résolution est jugé inadmissible ou bien susceptible d'enflammer davantage la crise en Syrie, la Russie va certainement voter contre.
Il a noté que son pays allait demander de fixer une date pour inviter le chef de la mission des observateurs arabes, Mohamed Addabi, au Conseil de Sécurité pour parler du travail de sa mission parce que sa présence au moment convenable sera importante.
"Les déclarations des représentants de la direction de la Ligue arabe lors de la séance du Conseil de Sécurité ont montré une interprétation de la situation en Syrie contrairement aux données figurant au rapport de la mission des observateurs. Ainsi, le secrétaire général de la L.A. et le ministre qatari des AE ont imputé la responsabilité des événements au gouvernement syrien sans presque rien parler de la violence causée par l'opposition, ce qu'on a, pour autant, écouté de la part des délégués des pays occidentaux", a dit M. Tchourkine.
Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte toutes les informations mentionnées par le rapport des observateurs arabes, qualifiant d'illogiques les mouvements de la L.A. en ce qui concerne la question de la Syrie. "Ils ont décidé de proroger le travail de la mission et, plus tard, quelques pays ont retiré leurs observateurs de cette mission", a-t-il critiqué.
Le diplomate russe a estimé que la proposition de projets de résolutions mal étudiés aboutirait à un désaccord au sein du Conseil de Sécurité, indiquant qu'il est tôt de parler d'un vote sur un projet de résolution puisqu'il n'y en a aucun projet prêt.
Concernant la coopération sino-russe au Conseil de Sécurité, M. Tchourkine a souligné une coopération "très étroite" entre les deux pays, ajoutant que les points de vues des deux parties à propos de la Syrie sont "très concordants" et qu'il garde contact avec son homologue chinois afin d'examiner la question syrienne.
Il a aussi indiqué que d'autres pays partagent la même position tels que l'Afrique du Sud, l'Inde, le Pakistan et l'Azerbaïdjan.
"Nos collègues occidentaux ont agi lors de la séance d'hier d'une manière polie et n'ont donné aucune remarque bémol sur la position de la Russie. Et je veux vous révéler un secret : S'ils avaient agi d'une autre manière, mes propos auraient été différents un peu, cela montre que la séance s'est passée dans la sérénité", a dit le délégué russe.
Pour ce qui est de la prolifération de l'exportation des armes à la Syrie, il a fustigé le fait qu'ils demandent à la Russie de cesser d'exporter des armes au gouvernement syrien au moment où ils continuent d'en envoyer aux groupes armés dont ils nient de surcroît l'existence.
K.W. / A.A. & T. Slimani